Viens embrasser tonton

L’influence familiale dans le rapport à la sexualité
Notre rapport à la sexualité subi, dès notre plus jeune âge, l’influence directe des croyances de nos parents, des membres de notre famille, des personnes qui ont contribué à notre éducation et, d’une façon générale, de la société et des médias. Ces croyances, idées et influences concernent non seulement directement la sexualité, mais également l’expression de genre, le rapport au corps, le consentement, le désir, la liberté, le plaisir et le Bien et le Mal.
Ce rapport au sexe s’immisce en nous de façon plus ou moins évidente et de façon très différente selon les humains en général, mais aussi selon que nous avons été élévé/e en tant que fille ou en tant que garçon. Bien sûr, même si cela change d’une famille à l’autre, d’une culture à l’autre, d’une époque à l’autre, le rapport au corps des filles et des femmes est généralement plus contraignant, plus surveillé et plus intrusif – l’on dit plus souvent aux filles et femmes, qu’aux garçons et aux hommes, qu’elles ont grossi, ou maigri, qu’elles doivent « se faire belles » pour aller à un rdv, qu’elles doivent venir « embrasser papi » ou « faire un bisous à tonton » – et ce, sans leur demander si elles en ont envie aussi.
De telles attitudes sont, en partie, responsable des difficultés que rencontrent, encore aujourd’hui, nombre de femme dans leur vie sexuelle, mais également professionnelle, relationnelle et sociale. Ces gestes, qui ont émaillé notre enfance, et que nous avons vécus avec plus ou moins de grâce et de déplaisir, ne nous ont pas appris à savoir vraiment ce dont nous avons envie, ce qui nous plaît et nous fait du bien et, encore pire, à l’exprimer. En effet, ces situations durant lesquelles notre corps était jugé, observé, critiqué ou complimenté, voire touché, faisaient fi le plus souvent de notre consentement. Pire, si nous nous s’y opposions, il n’était pas rare que l’on se fasse réprimander, voire menacer de perdre l’amour familial. Dès lors, nous avons tôt fait d’apprendre que, pour se faire aimer, il fallait plaire aux autres, et surtout aux hommes, faire en sorte de leur faire plaisir, et ne pas trop la ramener sur ce qui nous fait plaisir à nous.
Alors, s’il est totalement illusoire d’imaginer que l’on pourrait se débarrasser définitivement de ces croyances familiales, tant elles nous constituent entièrement et profondément, il peut s’avérer très libératoire et bénéfique de prendre conscience de celles-ci, afin de les mettre un peu à distance et de faire, consciemment et délibérément cette fois, le choix de s’approprier celles qui nous conviennent, en leur donnant de la place et de faire en sorte d’être moins sous l’influence de celles qui ne nous conviennent pas, en leur laissant moins la parole.
Pour ce faire, il pourrait être intéressant de répondre à ces quelques questions :
Quel était le rapport de ma famille à la sexualité ?
Ce rapport était influencé par quoi ? (religion, culture, croyances, expériences)
Avec quelles croyances familiales concernant la sexualité je suis d’accord aujourd’hui ?
Avec quelles croyances familiales concernant la sexualité je ne suis pas d’accord aujourd’hui ?
Avec quelles croyances familiales concernant la sexualité je suis assez ambivalent/e aujourd’hui ?
Lorsque je ne suis pas d’accord avec les croyances familiales concernant la sexualité, quelles sont ou étaient leurs réactions à mon égard ?
Et puis, pour aller plus loin, un passage avec un groupe féministe, de l’auto-défense, une thérapie visant à soutenir votre confiance en vous pourrait s’avérer très bénéfique dans votre épanouissement.
Pour débuter par vous même, je vous invite également à lire What You Really Really Want: The Smart Girl’s Shame-Free Guide to Sex and Safety, de Jaclyn Friedman, c’est un excellent livre, pratique, utile et drôle !
car… comme le disaient les Spice Girls :

 

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