La qualité de votre accouchement pourrait-elle déterminer la qualité de votre vie sexuelle future ? Regards sur l’accouchement orgasmique.

La qualité de votre accouchement pourrait-elle déterminer la qualité de votre vie sexuelle future ? Regards sur l’accouchement orgasmique.
 
Prendre le temps
Créer du temps et de l’espace pour la relation amoureuse avant la grossesse et pendant la grossesse permettrait de créer les meilleures conditions possibles pour un accouchement heureux, sans risque, sensuel, amoureux voire orgasmique ! Pour la personne qui porte l’enfant[1], la grossesse, par l’énergie qu’elle demande et la fatigue qu’elle occasionne, est une excellente période pour prendre du temps pour soi, apprendre à respecter ses rythmes, ses besoins et se faire du bien. Pour le couple, c’est également le moment idéal pour adopter de nouveaux comportements, consacrer plus de temps à soi-même, à l’autre et définir plus précisément vos priorités, vos valeurs et vos envies pour votre future vie de parents.
Cela vaut encore plus pour la sexualité. En effet, l’accouchement fait partie de votre future vie familiale, amoureuse, mais également sexuelle. Si la séparation de la sexualité et de la reproduction, grâce aux moyens de contraceptions et aux mouvements féministes et de libération sexuelle, a été indispensable pour affranchir le sexe et le désir hétérosexuel des risques de grossesse non-désirées, relier la reproduction à la sexualité dès lors qu’il s’agit d’une conception consciente[2] me semble indispensable pour retrouver l’animalité dont nous avons besoin pour accoucher naturellement.
La grossesse, nous le savons, peut engendrer de nombreux changements et de nombreuses perturbations dans la vie d’un couple et dans sa sexualité. Profitons-en pour que ces changements soient positifs et mettons en place avant l’arrivée de l’enfant un lien amoureux, sexuel et de confiance puissant et fort. En ce sens le vécu d’un accouchement naturel, serein et totalement imprégné par l’amour et le désir des parents ne pourra que renforcer et affirmer ce lien pour les années suivantes.
Communiquer
Bien sûr, la communication sera à la base de ce lien et lorsqu’elle sera rendue difficile, voire impossible, l’aide d’un/e thérapeute pourra être bienvenu. Les neuf mois de gestation peuvent paraître bien long pour la personne qui porte le bébé mais ne seront pas de trop pour préparer le couple aux changements d’identité, de représentations, de sensations et de relation que l’arrivée d’un enfant ne manquera pas d’occasionner.
Du point de vue de la communication le lien avec le bébé sera également primordial. En effet, il n’est pas forcément évident pour des adultes occidentaux de ne pas être parasité par la culture freudienne et la prégnance du tabou de l’inceste. C’est ainsi que nombre de couple se sentent inhibés dans leur sexualité par la présence d’un tiers dans le ventre d’une des deux personnes (que cela se manifeste sous la forme de « faire du mal au bébé » ou de se sentir intrusé ou observé par le petit).
Attention, il ne s’agit pas ici d’oublier les risques réels de fausse-couche, d’infection ou d’accouchement prématurés dans le cas d’un oeuf mal accroché ou d’un col ouvert. Ni de banaliser les abus sexuels et les incestes qui détruisent la vie de trop nombreux enfants. Au contraire, reconnaître la nature sexuelle de la procréation permettrait, à mon sens, de remettre à sa juste place l’enfant dans la sexualité de ses parents : la vie humaine est intimement liée à la vie sexuelle, la gestation et l’accouchement font partie de celle-ci. Au contraire, plus l’accouchement est médicalisé et technicisé, plus les personnes qui accouchent sont dépossédées de leur corps, de leur puissance et de leur animalité (donc de leur sexualité). Et plus le fossé entre amant/es et parents se creuse, plus les couples perdront leur complicité sexuelle et plus l’enfant sera vu comme la cause de l’absence de vie sexuelle.
Oui mais comment on fait ?
Tout d’abord se respecter et respecter les besoins de l’autre.
Si mon approche résonne en vous, continuez à vous document sur le sujet (voir par exemple le site https://www.orgasmicbirth.com/), lisez des livres, visionnez des films, parlez avec des personnes qui partagent votre opinion.
Prenez le temps de souffler, de déterminer ce dont vous avez envie et comment vous avez envie de vous l’offrir.
Reposez-vous et détendez-vous, le stress et la fatigue sont l’ennemi n°1 de la grossesse ET de la sexualité.
Enfin, si vous vous sentez dépassé/e, prenez contact avec un/e professionnel/le ouvert/e et bienveillant/e, sage-femme libérale, doula, psychothérapeute, haptonome, sexothérapeute.
[1] Dans cet article je parlerai de « personne qui porte le bébé » et de deuxième parent afin de ne pas réduire la parentalité à un couple hétérosexuel homme/femme. Même si la plupart des personnes qui portent des enfants se reconnaissent comme femme, un certain nombre d’individu ne s’identifie pas à cette catégorie. De plus, de plus en plus de trans FTM (femme vers homme) portent des enfants. Enfin, le second parent n’est pas forcément un homme, un père.
 
[2] Je ne considère pas que pour être consciente et sexuelle la conception doive être forcément naturelle et hétérosexuelle. Bien au contraire, les conceptions médicalisées (hétérosexuelles ou queer) sont parfois bien plus conscientes, choisies et désirées que bien des conceptions résultant d’un coït.

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