Relations amoureuses, jalousie et vulnérabilité.

La jalousie de la sexothérapeute Sofia Sundari

« Je ressentais tellement de jalousie que je devenais blanche et je cessais de respirer.

Je pensais que j’étais la femme la plus jalouse de la planète. J’aurais tout fait pour le cacher. Je pensais que si j’avais montré cette jalousie à un gars, il m’aurait larguée.

Je pensais que cela me rendait vraiment peu attirante.

Je me souviens du moment où ma nature jalouse a été révélée pour la première fois … Je dînais avec mon ex dans un café lorsqu’une fille magnifique est apparue. Elle s’est approchée de nous et a commencé à parler à mon homme. Ils flirtaient. Il tenait sa main … Et j’étais là, gelée, incapable de respirer, essayant de comprendre comment je pouvais disparaître dans la Terre avec la chaise sur laquelle j’étais assis, partir, être avalée, m’éteindre … Pourtant J’essayais de sourire et de garder mon calme.

Puis elle est partie. Mon ex étant assez fin psychologue … m’a regardée et m’a dit : « Hé qu’est-ce qui ne va pas, où es-tu partie ? » J’ai répondu : « hein, quoi, moi ? non tout va bien ».

Mais il ne m’a pas lâchée. Il a continué jusqu’à ce que je fonde en larmes et lui avoue tous mes «péchés» vertigineux et honteux.

J’avais l’impression de mourir … Révéler TOUT ça …

Puis comme il était tard, il est parti.

Et je pensais: « Ca y est. Je ne le verrai plus ».

Mais ce qui s’est passé était totalement imprévu. Je n’aurais pas pu l’imaginer dans mes rêves les plus fous : le mec est tombé follement amoureux de moi, juste après cet épisode!

Quoi ? Je lui avais révélé mon obscurité la plus sombre et au lieu de fuir il tombe amoureux ?

J’ai compris qu’un élément clé était la vulnérabilité.

En révélant quelque chose que j’avais gardé secret pendant de nombreuses années, je me suis exposée à lui, je me suis révélée et il a été touché par ma vulnérabilité ».

Voici ce que raconte la sexothérapeute américaine, spécialiste du trantra, Sofia Sundari. Son récit montre que la jalousie, comme n’importe laquelle des émotions, crée des connexions émotionnelles plus intenses lorsqu’elle est révélée.

Si exposer nos émotions et les partager ouvertement nous rend vulnérables, cela nous rend également très beau/belle, très touchant/es, très humain/es.

 

Les mythes de l’amour romantique et ses problèmes à long terme dans les relations de couple.

Le mythe de l’amour romantique, notre culture occidentale, bien qu’assez récent, est associé à l’idée de l’épanouissement et du bonheur individuel. Sans « l’autre », nous serions incomplet/e. En couple, nous serions heureux/ses, uni/es et épanoui/es pour la vie.

Cette conception amène plusieurs désillusions : tout d’abord, nous sommes très démuni/es et surpris/es lorsque la connexion physique et émotionnelle, ainsi que l’intensité de la passion des premiers temps, disparaît. Du coup, n’étant pas prévenu/e ni outillé/e pour faire face à l’évolution de la relation, nous pensons souvent que quelque chose cloche, que « ça n’est pas la bonne personne » et nous préférons nous séparer pour partir en quête de notre vraie « moitié ».

L’un des principaux problèmes associé au mythe de l’amour romantique vient du fait que, si nous devons trouver « notre moitié » pour atteindre l’épanouissement individuel, c’est que nous sommes incomplet/e par nous-même. Nous sommes hanté/e par l’idée d’être une mauvaise personne. Du coup, lorsqu’au début d’une relation amoureuse l’autre nous ne voie, et ne nous renvoie, que les aspects positifs de notre personnalité, cela nous confirme que nous sommes mieux, nous sommes une meilleure personne, et nous sommes plus épanoui/e lorsque nous sommes en couple.

Malheureusement… les problèmes finissent par arriver lorsque nous ne pouvons plus cacher nos défauts, que les aspects de notre personnalité que nous jugeons « mauvais » deviennent inévitablement visibles. Il est extrêmement difficile, et douloureux, de reconnaître que nous avons pu faire des erreurs ou être malveillant/e – et bien plus facile de rejeter cela sur la faute des autres, créant ainsi des conflits.

 

Le couple : un lieu pour travailler sur soi ?

Au lieu de voir les relations amoureuses comme un lieu où l’on donne – uniquement- le meilleur de soi-même, on pourrait voir au contraire que ces relations sont un excellent exercice pour apprendre sur soi et ses zones de vulnérabilités, dépasser la honte qui y est associée, abandonner la volonté illusoire de définir et restreindre sa personnalité et découvrir de nouvelles façon de relationner.

Mais, je le reconnais, cela demande beaucoup de courage, du temps et du travail.

Cela demande de se confronter aux parts de soi-même avec lesquelles nous sommes très peu à l’aise, de risquer de se dévoiler aux autres et d’apprendre de nouvelles façons de réagir aux conflits et à la souffrance dans les relations. L’approche de pleine conscience peut nous permettre d’arrêter de nous voir, et d’attendre des autres, comme fixes et défini/es une fois pour toute, et d’accepter que nous sommes multi facettes et en changement permanent. En faisant cela, nous pourrons arrêter d’attendre que les autres valident notre (bon) aspect et nous aurons moins peur d’être vu/e sous des aspects moins flatteurs car la façon dont les autres nous perçoivent ne nous définira plus.

Chose importante, en acceptant cela pour soi, nous serons à même de l’accepter pour autrui. Nous pourrons ainsi arrêter d’attendre que notre partenaire ou nos ami/es agissent toujours de la même façon et restent exactement comme lorsque nous les avons rencontré/es et aimé/es pour la première fois. Nous cesserons également de les voir comme entièrement bon/nes lorsque tout va bien et entièrement mauvais/es quand cela est conflictuel entre vous.

La jalousie offre une excellente opportunité de travailler sur son insécurité et d’améliorer nos relations amoureuses. Essayez de revenir sur un souvenir durant lequel vous avez été particulièrement jaloux/se et voir sur quoi vous étiez concentré/e.

Généralement, nous sommes entièrement absorbé/e par nos projections, nos peurs et nos fantasmes. Au lieu de nous concentrer sur nous, sur les raisons de notre inconfort, voire de notre état de panique, nous imaginons ce que pense ou ressent l’autre, nous sommes persuadé/e qu’il/elle trouve l’autre personne mieux, plus mince, plus sexy, plus fort/e que nous, qu’il/elle va nous quitter ou finir par se lasser. Et plus nous pensons de telles choses, plus nous nous dénigrons, et plus nous nous sentons mal.

En vous concentrant sur vous, sur votre ressenti, vous pourriez finir par identifier ce qui vous menace particulièrement dans le fait que l’autre soit attiré/e par quelqu’un d’autre que vous. Être jaloux/se ne signifie pas la même chose pour tout le monde. A quoi cela vous renvoie-il ? Pourquoi est-ce si inquiétant ? Que pourrait-il se passer si l’autre s’intéressait vraiment à quelqu’un d’autre. La jalousie masque souvent votre principal conflit interne, qui est encore plus difficile à reconnaître que la simple colère, légitimée par toute note culture sur l’amour romantique, que nous sommes habitué/e à ressentir lorsque notre partenaire s’intéresse à quelqu’un d’autre.

En comprenant ce qui motive votre jalousie, vous accepterez d’être vulnérable mais aussi vous vous autoriserez à pouvoir l’exprimer. Dans bien des cas, ce sera beaucoup moins douloureux pour vous une fois que vous l’aurez exprimé et, surtout, votre partenaire pourra réagir en fonction de ce qui vous rend insécure plutôt que de se mettre en colère parce que vous êtes jaloux/se et possessif – et, se faisant, vous rendant encore plus mal…

 

Se réapproprier la jalousie.

Au lieu de penser que la jalousie est quelque chose dont vous devez avoir honte et cacher, vous pouvez le partager et vous serez surpris/es de constater que ce qui vous rend jaloux/se … vous excite également ! En effet, lorsque vous n’êtes pas menacé/e par le fait que votre amoureux/se soit attiré/e ou occupé/e par quelqu’un d’autre, vous pouvez trouver ça très excitant qu’il/elle soit autonome, libre et séduisant/e.

La jalousie est bien souvent de l’envie : avez-vous vraiment envie d’empêcher votre partenaire de faire des choses avec quelqu’un d’autre que vous ou aimeriez-vous simplement qu’il/elle les fasse aussi avec vous ? Pourquoi ne pas simplement lui demander ?

Mais en attendant, voici un conseil lorsque vous vous sentez devenir jaloux/se et insécure. Au lieu de vous renfermer, de vous dénigrer et d’en vouloir à votre partenaire, essayez plutôt d’être ouverte et de vous intéresser – voire de vous identifier- à ce qui attire votre partenaire dans cette autre personne. Vous pouvez partager des fantasmes et donner à votre partenaire de l’espace pour partager son fantasme. Permettez-vous de profiter du plaisir de votre partenaire et même d’être excité/e vous aussi. Du coup, vous ne vous sentirez plus exclu/e de et dénigré/e et votre partenaire ne se sentira plus frustré/e, contrôlé/e ou brimé/e.

Un des éléments nocifs de la jalousie est le sentiment d’être laissé/e de côté. Comme si lorsque votre partenaire était attiré/e par quelqu’un il n’y avait plus de place pour vous.

A l’inverse, lorsque vous vous sentez inclus/e dans le désir de votre partenaire, y compris lorsque cela comprend d’autres personnes, cela amplifie votre confiance mutuelle et votre amour l’un/e pour l’autre. Votre partenaire vous aimera et vous désirera d’autant plus que vous ne l’aurez pas culpabilisé/e pour son désir et il/elle vous fera participer à ses fantasmes avec l’autre personne au lieu de cloisonner les choses et de vous en exclure.

Après, rien ne vous empêche d’en rester au stade du fantasme ou de passer à l’acte pour un plan à trois.

Je sais que certaines personnes pourraient dire: « Mais, en acceptant que mon partenaire soit attiré/e par quelqu’un/e d’autre, je vais « nourrir » l’encourage à me tromper ». Je suis persuadée que c’est l’inverse. Plus nous nous cachons, moins nous alimentons l’idée de tabou et plus il y a de l’ouverture et de la confiance réciproque. Et puis, la monogamie et la ceinture de chasteté n’ont jamais protégé qui que ce soit contre la jalousie. N’avez-vous jamais été jaloux du travail, du club de sport ou de la meilleure amie de votre amant/e ?

Quelle que soit l’amour que vous porte votre partenaire et la qualité de votre relation, il/elle sera inévitablement attiré/e par quelqu’un d’autre de temps en temps. Il est absolument impossible de passer des années ensemble et de ne pas être attiré/e par d’autres personnes. Cela fait partie de notre nature humaine. Alors pourquoi s’en cacher et se mentir ? Ca n’est pas si grave.

Le mensonge, la rancoeur et la frustration sont des émotions bien plus nocives pour un couple.

La jalousie est bien souvent associée à un sentiment de perte, mais il me semble que la perte principale à accepter c’est celle d’un idéal : de l’idéal de l’amour romantique, monogame et éternel.

 

Désapprendre et désamorcer la jalousie.

Il s’agit d’apprendre tout d’abord à se sentir fondamentalement en sécurité sans posséder l’exclusivité sexuelle ni posséder les faits et gestes de son/sa partenaire. En d’autres termes, il s’agit de développer son propre pouvoir personnel et s’aimer suffisamment soi-même pour ne pas attendre la reconnaissance et la validation d’autrui.

La jalousie n’est pas une maladie dont on peut se débarrasser. Elle fait partie de vous, de la plupart des êtres humains. En revanche, vous pouvez changer la façon dont vous vivez cette émotion. Elle ne deviendra pas forcément agréable mais sera au moins supportable. La meilleure façon de réduire son pouvoir est d’accepter de la ressentir. Ressentez la et écoutez la pleinement, et la première leçon que vous retirez de cette expérience c’est que vous pouvez y survivre.

Et puis, surtout, lorsque l’on refuse de vivre des émotions (négatives en l’occurrence), eh bien on les stocke dans une partie de son cerveau, elles prennent de plus en plus de place et beaucoup de notre énergie est consacrée à faire taire ces émotions qui n’ont pas pu s’exprimer.

Ensuite, si vous assumez que vous êtes parfois jaloux/se, vous serrez en mesure de demander d’être consolé/e, écouté/e, et aimé/e. Les émotions, qui sont l’expression des humains, ont besoin d’être entendus. L’idée est d’accueillir ces émotions avec bienveillance, sans jugement. Si vous les laissez suivre leurs cours, vos sentiments douloureux auront tendance à passer. A l’inverse, nier votre jalousie peut vous amener à extérioriser des sentiments violents, qui blesseront les gens et vous isolera d’autant plus. Mais n’oubliez pas que la seule personne d’atténuer votre jalousie, c’est vous.

N’oubliez pas que l’amour ne consiste pas uniquement à aimer la beauté, la force et les qualités de quelqu’un. Le véritable amour est de continuer à l’aimer malgré ses faiblesses, ses bêtises et sa médiocrité. Et cela est valable pour l’amour que nous nous portons à nous-mêmes.

 

Pour aller plus loin, voir :

 

BARKER Meg. Mindful counselling and Psychotherapy : Practising Mindfully across Approaches and Issues, Los Angeles : Sages, 2013, 216 p.

BARKER Meg. Rewriting the Rules : An Integrative Guide to love, sex and relationships, Hove : Routledge, 2013, 194 p.

EASTON Dossie et HARDY Janet W. La Salope éthique : Guide pratique pour des relaitons libres sereines, Milly-la-Forêt : Tabou, 2013, 347 p.

 

Qu’est-ce que l’amour a affaire avec le sexe ?

(article de la sexothérapeute Margie Nichols traduit de l’américain par mes soins)

 

Dans un article précédent, j’évoquais les recherches du sexothérapeute Jack Morin sur les relations de couple à long terme dont les partenaires continuent d’avoir des relations sexuelles régulières et satisfaisantes.

 

Comme Morin, j’ai rencontré dans ma carrière et dans ma vie personnelle j’ai rencontré des personnes qui avaient une vie sexuelle épanouissante mais de mauvais rapports amoureux et vice versa. Il m’est arrivé de voir qu’une grande passion pouvait donner lieu à l’ennui, mais parfois j’ai vu des couples dont les relations sexuelles ont grandi, évolué et sont restées satisfaisantes et même transcendantes.

Et je suis d’accord avec les conclusions de Jack Morin selon lesquelles les plus grands obstacles qui empêchent les couples de maintenir une vie sexuelle dynamique sont les mythes romantiques sur le sexe, l’amour et les relations amoureuses. Donc, dans cet article et plusieurs autres, je vais commencer à présenter les contes de fées les plus communs et destructeurs qui pullulent dans notre culture.

 

1 # Dans un premier temps, nous allons voir par exemple que l’idée selon laquelle le maintien d’une vie sexuelle bonne et régulière est crucial pour avoir une bonne relation.

Eh oui, même si je parle souvent ici de comment avoir une bonne vie sexuelle cette idée est un mythe. Il y a plein de mariages sans sexe. Et ils ne sont pas tous malheureux. Certains impliquent des arrangements pour que l’un ou les deux partenaires aient des rapports sexuels en dehors de la relation. Dans d’autres, où les deux partenaires ont peu de libido, le sexe diminue simplement de leur vie.

En effet, les relations à long terme peuvent servir de nombreuses fonctions et le sexe n’est pas forcément important pour tout le monde. Si vous êtes l’une de ces personnes – et vous que êtes sûr que votre partenaire ressent de la même façon – ne vous sentez pas honteux que le sexe ne figure pas en haut sur votre liste des choses à faire. Chacun ses priorités.

 

2 # Un deuxième mythe sur la sexualité est que les couples « normaux » devraient avoir des relations sexuelles au moins une fois par mois / une fois par semaine / une fois par jour, etc…

La plupart des enquêtes sexuelles montrent que les couples ont en moyenne entre deux et quatre fois par mois des relations sexuelles. Et Jack Morin lui-même considère qu’avoir des relations sexuelles une fois par semaine fait partie de sa définition du « bon » sexe pour ses sujets d’étude.

Une vie sexuelle satisfaisante n’est pas seulement une question de fréquence. Il s’agit surtout d’avoir du sexe agréable lorsque vous avez des relations sexuelles. Au contraire, le pire que vous puissiez faire c’est d’avoir des relations sexuelles pour d’autres raisons que pour le plaisir. Parfois, il vaut mieux moins faire de sexe pour une meilleure qualité des rapports.

Quoi qu’il en soit, comme dans tous les cas, le plus important est de communiquer avec votre partenaire de vos besoins et de vos limites en terme de fréquence sexuelle. Sans vous soucier de savoir à quelle fréquence les autres couples ont des relations sexuelles. Ce qui compte, c’est que vous et votre partenaire vous satisfaits de la quantité de sexe que vous avez.

 

3 # Enfin, le dernier mythe concerne l’idée selon laquelle un rapport sexuel sans pénétration n’est pas vraiment « du sexe » et qu’il faut que les deux partenaires aient jouit.

Le sexe n’est pas uniquement une question d’orgasme et il n’y a pas que la pénétration dans la vie ! Une rencontre sexuelle satisfaisante pourrait très bien impliquer uniquement la masturbation mutuelle. L’un des deux pourrait jouir et pas l’autre, ou aucun des deux. Le coït n’est pas «mieux» que les autres actes sexuels.

En fait, ce mythe crée des problèmes car il définit des attentes irréalistes, fait du sexe un acte plein d’anxiété et de responsabilité, notamment pour les femmes qui se sentent obligée d’être réceptive à cela. Certaines personnes ne jouissent pas régulièrement, d’autres ne s’intéressent pas forcément à l’orgasme. Mais si l’une des deux personnes ne jouit jamais alors qu’elle aimerait bien y parvenir, là il y a un problème.

Et même les personnes qui aiment la pénétration ne la veulent systématiquement dans toutes les rencontres sexuelles. Il y a des moments où vous voulez faire du sexe «facile» avec peu d’effort physique et d’autres occasions où vous vous sentez comme un athlète sexuel. Les seuls actes sexuels qui comptent sont que vous souhaitez et que vous choisissez.

 

Voir l’article en version originale sur le site de Margie Nichols :

http://ipgcounseling.com/hot-health…

 

Yoni massage : trantrisme et thérapie sexuelle

 

Le terme Yoni, qui signifie « lieu » en sanskrit, désigne l’organe génital féminin. Il est le symbole de l’énergie féminine. Outre le fait qu’il porte en lui la richesse de la culture hindouiste et trantrique, il a l’énorme avantage de nommer en un seul mot l’intégralité de l’appareil reproducteur et sexuel féminin (vulve, vagin, utérus) et d’en regrouper les trois fonctions, à savoir la fonction d’organe du plaisir (le clitoris et la vulve, l’organe reproducteur (l’utérus et les ovaires) et d’organe qui fait le pont entre ces deux fonctions (le vagin, qui est à la fois le lieu d’entrée des spermatozoïdes, le passage du bébé à la fin de la grossesse, mais également un endroit de plaisir éventuel dans le cas de la pénétration).

La pratique du yoni yoga, ainsi que le fait de recevoir un massage yoni, sont deux pratiques inspirées du tantrisme et qui ont toutes deux des vertus thérapeutiques. Elles sont un pont entre l’art de la sexualité sacrée tantrique, les exercices respiratoires, physiques et spirituels du yoga, ainsi qu’un travail de massage à cheval entre l’ayurveda et l’ostéopathie.

 

 

Les avantages du yoni yoga et du yoni massage :

1. Le massage Yoni aide à réduire les blocages et à libérer les toxines qui ont pu s’accumuler au fil des ans, pour augmenter le flux sanguin vers les organes sexuels.

2. L’augmentation du débit sanguin aide à libérer facilement plus d’hormones, afin de stimuler le fonctionnement sexuel et cérébral.

3. Un équilibre hormonal sain nous aide à nous protéger contre de nombreux problèmes de santé tels que les pertes de mémoire, les douleurs dorsales, les problèmes d’alignement et de posture, une mauvaise circulation, une diminution de la libido, les troubles liés à la ménopause.

4. Il aide également à libérer les traumatismes passés et les émotions détenues dans les organes sexuels, augmentant ainsi le potentiel orgasmique.

5. Il réduit les problèmes de miction difficile.

6. Il joue un rôle thérapeutique dans les cas de menstruations douloureuses, mais également de rapports sexuels douloureux.

7. Il participe au renforcement des muscles pelviens et joue donc un rôle essentiel dans la survenue de l’orgasme, de l’éjaculation féminine et d’une bonne santé globale de la zone pelvienne et génitale.

8. Il apporte joie et vitalité.

9. Est l’un des accès à la naissance orgasmique (accouchement orgasmique).

Aujourd’hui, je vous propose une première vidéo de yoga yoni, rapide et à la portée de tout le monde.

 

Minorités sexuelles et thérapie : comment trouver le ou la bon-ne psy ?

Des avantages thérapeutiques ?

 

Dans cet article, je discuterai des avantages et des inconvénients qu’il peut y avoir à faire appel à un/e thérapeute engagé/e politiquement dans une démarche de non-discrimination vis-à-vis de la diversité sexuelle et de genre, voire à un/e thérapeute ouvertement queer ou féministe. Les avantages d’avoir un/e « psy » ayant la même orientation sexuelle que soi concerneraient avant tout :

 

– Une meilleure connaissance des conditions de stigmatisation et des effets de la discrimination ;

 

– Un soutien politique ;

 

– Le fait de ne pas avoir à « éduquer » son ou sa thérapeute sur son mode de vie et sa sexualité ;

 

– Le fait de se sentir plus en sécurité pour s’exprimer et être mieux compris/e.

Consulter un/e « psy » qui présente explicitement la même orientation sexuelle que soi favoriserait la construction identitaire, permettrait de travailler sur les problèmes d’homophobie et serait susceptible de nous aider à assumer nos préférences érotiques.

 

Le dévoilement d’éléments privés par les thérapeutes peut avoir un effet bénéfique sur la thérapie. Mais, tout en étant un point important pour les personnes LGBTQI, la question de l’orientation sexuelle du ou de la thérapeute ne vient pas avant les qualités humaines telles que la bienveillance, la capacité d’écoute et l’ouverture d’esprit. Toutefois, les données fournies par plusieurs études, ainsi que mes recherches doctorales confirment que l’absence d’information à l’égard de la préférence de genre du ou de la thérapeute peut mener à un sentiment de détresse lorsque les patient/es souhaitent dévoiler des parts importantes sur leur sexualité.

 

Un/e thérapeute qui nous ressemble ?

 

La volonté de trouver un/e « psy » féministe et/ou queer semble plus fréquente chez les femmes qui ont des rapports sexuels avec d’autres femmes ou avec des personnes trans que chez les autres. Une étude menée par Lyndsey Moon en 1994 montre que 75% des femmes homosexuelles interrogées ont été soulagées de trouver une thérapeute lesbienne. J’ai retrouvé cela également dans les entretiens que j’ai menés avec les usagèr/es de thérapie mentale durant mes recherches de doctorat. Cela pourrait s’expliquer par le fait que les lesbiennes sont particulièrement touchées par les discriminations dans l’espace thérapeutique. En effet : 58% d’entre elles auraient été pathologisées en raison de leurs préférences de genre par un/e thérapeute hétérosexuel/le et 92% ressentiraient le besoin de connaître l’orientation sexuelle de leur psy pour se sentir en sécurité[1].

 

Quoi qu’il en soit, nombreuses recherches indiquent que le fait de partager certaines caractéristiques sexuelles ou de genre avec son/a thérapeute peut favoriser la parole. Mais ça n’est pas l’unique critère : la classe sociale, l’âge, le fait d’être ou non racisé, sont autant d’éléments qui peuvent créer un sentiment de proximité ou, au contraire, créer de l’étrangeté et de l’incompréhension.

 

Néanmoins, si un/e thérapeute homosexuel/le ou trans présente l’énorme avantage d’être théoriquement mieux placé/e pour comprendre le vécu des patient/es LGBTQI et éviter de les pathologiser, cela ne garantit pas qu’il/elle soit bon/ne thérapeute, ni qu’il/elle soit respectueux/se et conscient/e d’autres enjeux politiques tels que le sexisme ou encore les discriminations fondées sur des caractéristiques sociales ou physiques. À côté des bénéfices qu’il y aurait à avoir un/e thérapeute queer – ou LGBTQI friendly, certains inconvénients peuvent se faire jour. Parmi ces inconvénients figure au premier plan le fait de ne pas avoir un point de vue extérieur à la communauté LGBTQI.

 

Certaines personnes m’ont confier redouter de se « ghettoïser » en choisissant une psychothérapeute ayant la même orientation sexuelle que soi. S’il va sans dire que le manque d’ouverture d’esprit de nombre de thérapeutes hétérosexuel/les peut causer l’arrêt d’une thérapie, faut-il en conclure que seule une personne qui nous ressemble est apte à nous suivre en thérapie ? N’est-ce pas réducteur, voire contre-productif ?

 

Je comprends ces réserves, mais la personnalité d’une personne se résume-t-elle à ses désirs amoureux et érotiques ? D’autre part, la très grande majorité des personnes hétérosexuelles qui consultent des psy hétérosexuel/les ont-elle l’impression de se ghettoïser et de manquer d’ouverture sur le monde avec leur thérapeute ?

 

Alors, comment choisir ?

 

Le choix d’un/e thérapeute est une décision personnelle et très importante. Si l’on peut avoir la chance de faire une rencontre par hasard avec un/e thérapeute ouvert/e et bienveillant/e, dans bien des cas il est nécessaire de choisir volontairement un/e professionnel/le qui appartient à notre communauté, ou tout au moins qui a connaissance des spécificités de notre vie en tant que personne racisée, trans, homosexuelle ou encore handicapée.

 

En effet, les discriminations sociales que subissent les minorités (qu’elles soient raciales, sexuelles, religieuses ou liées à d’autres éléments) sont à l’origine de stress, d’anxiété et de troubles psychiques qui ne peuvent pas être ignorés par les thérapeutes. En cela, la question de la formation théorique n’est pas anecdotique et un/e « psy » qui accepte de recevoir des patient/es, a fortiori des patient/es LGBTQI, se doit d’être à l’aise avec sa propre sexualité et d’être familiarisé/e avec les questions de discrimination sociale, d’homophobie et de transphobie intériorisée, de VIH-sida, tout autant qu’avec les thèmes plus traditionnels de dépression, d’anxiété et de souffrance psychique[2]. De sorte que, s’il n’est pas indispensable de consulter un/e « psy » qui nous ressemble pour être correctement accompagné/e, il est au minimum nécessaire que celui/celle-ci se soit interrogé/e sur ces thématiques.

 

Néanmoins, le besoin de trouver un/e professionnel/le féministe et/ou LGBTQ-friendly reste fort si l’on en juge par les demandes qui circulent dans les réseaux militants, d’étude sur le genre, ainsi que parmi les associations. L’existence de listes de thérapeutes non-discriminant/es (Psygay, Psy safe et inclusifs) atteste également de cette demande.

 

Pour autant, il ne s’agit pas de faire du modèle queer ou féministe une norme contraignante pour les thérapeutes. En somme, la question des « psy » queer-friendly reste ouverte et sujet à débats parmi les auteur/es et les usagèr/es de psychothérapie.

 

 

[1] Moon Lyndsey. Counselling with lesbians and gay men, Changes, 1994, n°12, p. 277-283.

 

[2] Voir par exemple les conseils qui sont fournis aux personnes LGBTQI pour trouver un/e thérapeute sur le site : http://www.goodtherapy.org/blog/lgb…

 

Pourquoi et comment une sexothérapie féministe ?

Les critiques féministes des premières thérapies :

 

Les psychothérapeutes, les psychanalystes et les sexologues, ainsi que les féministes, se considèrent généralement comme des libérateurs et des libératrices sexuels, aidant les individus à s’émanciper des carcans de la morale, des inhibitions, de l’éducation et de la religion. De telle sorte que l’on pourrait espérer qu’ils et elles oeuvrent main dans la main pour une véritable libération des femmes, des minorités sexuelles et de la sexualité en général.

 

Pourtant, ça n’a pas été le cas.

 

Bien au contraire, le cadre théorique offert par ces disciplines thérapeutiques, fondé sur une vision normative, masculine et hétérocentrée du sexuel, a joué parfois un rôle important dans l’oppression des femmes. En ignorant le contexte social dans lequel la sexualité se déroule, ainsi qu’en rationalisation et en légitimant des stéréotypes sexistes, le discours psy a perpétué une vision fausse et oppressive sur les femmes et le sexuel.

 

Les premières critiques des théories psychanalytiques sont quasi-contemporaines de l’émergence des théories freudiennes sur la féminité. Elles ont été élaborées par les élèves et patientes de Freud lui-même : Marie Bonaparte, Anna Freud, Karen Horney, Jeanne Lampl de Groot ou encore Joan Rivière. Ces femmes, qui sont devenues par la suite elle-même psychanalystes, ont développé leurs propres théories de la psychologie, de la sexualité et du développement des femmes, s’opposant ainsi plus ou moins aux travaux fondateur de Sigmund Freud. Elles leur reprochaient en particulier d’être fondés sur la seule psychologie masculine et de n’offrir qu’une théorie inconsistante, limitée et misogyne du développement sexuel féminin.

 

Ces travaux, qui s’apparentaient plus à des réélaboration qu’à de véritables entreprises critiques, n’eurent pas une grande influence sur la pratique psychanalytique traditionnelle, jusqu’à ce que l’influence de la pensée féministe dans les années 1960 et 1970 surtout – et en particulier des méthodes épistémologiques féministes états-uniennes- permit à une nouvelle génération de femmes psychanalystes d’en critiquer les fondements sexistes.

 

Pourquoi une thérapie féministe ?

 

Les réélaboration féministes, entreprises par des thérapeutes comme Nancy Chodorow, Peggy Kleinplatz ou encore Leonore Tiefer insistent sur l’importance de la considération de la parole et du vécu des femmes – au détriment d’une théorie universalisante – et sur la reconnaissance des facteurs sociaux (dont l’oppression, les rapports de subordination, le sexisme, le plafond de verre sont quelques exemples) dans l’émergence des troubles mentaux et/ou sexuels. De sorte que pour elles, une bonne thérapeute se doit de permettre à sa patiente de distinguer entre les souffrances et les conflits qui sont liés à l’oppression sociale et ceux qui ont leur source dans son psychisme individuel. Améliorant ainsi sa santé mentale et son épanouissement général.

 

Les tentatives novatrices de production d’un discours et d’un savoir sur les femmes par des femmes permirent, à partir de la fin des années 1970, la naissance de sexothérapies et de psychothérapies féministes aux États-Unis. Dans ce cadre, l’analyse des rapports de pouvoir et des processus de domination était essentielle, tout comme la prise en considération de la parole des femmes en vue de leur autonomisation.

 

L’approche féministe de la psychothérapie s’est développée en grande partie en réponse à la domination masculine des institutions de santé mentale et à leur conformité avec le statu quo patriarcal. Les thérapies féministes présentent un intérêt et un savoir spécifiques aux problématiques psychosomatiques rencontrées fréquemment chez les femmes, dont les troubles de l’alimentation, la maternité et la mauvaise image corporelle sont quelques exemples.

 

La question de la sexualité :

 

Si les études psychologiques sur les femmes se sont longtemps limitées à l’analyse de leur sexualité, les psychologues et sexologues féministes ont au contraire permis l’élargissement du savoir à l’ensemble de la vie des femmes, en insistant sur l’inclusion des considérations politiques, sociales et culturelles, comme nous l’avons vu plus avant. Elles accusent la sexologie pour ce qu’elle repose sur des études, des théories et un vocabulaire sexistes et pour ce qu’elle ne prend pas en considération les enjeux de pouvoir dans les relations affectives et sexuelles.

 

Le féminisme en général, et les thérapies féministes en particulier, ont toujours entretenu une relation complexe à la sexualité. L’analyse féministe de la sexualité ne peut se passer d’une considération des dangers auxquels les femmes sont confrontées dans la sexualité (les dangers que sont les viols, le harcèlement, le stigmate, les insultes, l’objectification par exemple), sans pour autant éliminer la question du plaisir.

 

De sorte que les thèses féministes ont pu parfois mener à imposer une sexualité politiquement correcte -reposant sur des principes d’égalité, d’autonomie, d’auto-détermination-, enfermant les femmes dans des standards normatifs et rigides et excluant celles qui étaient perçues comme déviantes. En effet, il ne s’agit pas de faire du plaisir sexuel un « grand secret coupable » et éliminer ce sujet des discussions féministes n’a pas rendu le monde plus sûr pour les femmes.

 

En réaction à cette tendance, certaines chercheuses se sont emparées des études sur la sexualité féminine, qui avaient été cantonnées à la fonction reproductrice, pour parler de plaisir et de désir féminins. C’est ainsi que de nombreuses études états-uniennes se penchèrent sur la question du point-G, du plaisir féminin, du lesbianisme, du BDSM ou encore de l’éjaculation féminine, brisant ainsi certains tabous féministes sur la sexualité.

 

Une sexothérapeute féministe se doit absolument de s’interdire de juger la sexualité de sa patiente à partir de ses propres conceptions du bien sexuel. D’autre part, la thérapie doit favoriser un travail sur le corps visant à améliorer l’image et la connaissance corporelles et génitales de la patiente, à partir notamment de la masturbation. Cette méthode thérapeutique nécessite des recherches qui privilégient les formes de sexualité qui procurent le plus de plaisir aux femmes, a contrario des études traditionnelles de la sexologie sur le coït hétérosexuel et les dysfonctions érectiles, ainsi que de nouveaux concepts et un nouveau vocabulaire.

 

Chemin vers la découverte de son corps érotique.

Femmes et hommes inégaux face à l’orgasme

 

Les femmes, bien plus fréquemment que les hommes, ont encore du mal à atteindre l’orgasme, trouver du plaisir dans les rapports sexuels et être en phase avec leur libido. Même si l’âge moyen du premier rapport sexuel a lieu majoritairement entre 16 et 19 ans pour les filles comme pour les garçons, l’âge du premier orgasme diffère largement selon les sexes : 11% des filles ont connu l’orgasme lors de leur premier rapport sexuel, tandis que la quasi totalité des garçons jouissent lors de leur première fois.

 

Une fois adulte, la disparité reste flagrante : 90 à 95% des hommes parviennent toujours ou presque toujours à l’orgasme lors des rapports sexuels, tandis que pour les femmes, 44% jouit « souvent ou toujours », 31% « environ une fois sur deux » et 25% « rarement ou jamais ». Enfin, 5% de la population féminine interrogée n’a jamais connu l’orgasme[1].

 

Mais alors, qu’est-ce qui explique de telles différences ?

 

Tout d’abord, la façon dont l’on éduque les enfants : alors que l’on évoque facilement le sexe des garçons lors de la toilette ou de l’habillage – puisqu’il est apparent et qu’il sert à la reproduction et à la miction -, le sexe des filles est rarement nommé ou évoqué. A fortiori, les parties internes du corps des femmes peuvent parfois faire carrément l’objet d’un tabou. Alors que le pénis, au même titre que l’utérus et les ovaires, peuvent être cités en tant qu’organes de la reproduction, le clitoris – qui n’a aucun rôle dans la procréation et ne sert qu’au plaisir – n’est que très rarement présenté et nommé par les parents à leurs fillettes. Sans parler du point-G qui est, bien souvent, ignoré par les mères elles-mêmes.

 

De sorte que, arrivées à l’âge adulte, nombre de femmes ne connaissent pas bien leur anatomie, n’ont jamais pris de miroir pour regarder leurs lèvres, leur urètre ou leur col de l’utérus. Elles ne savent pas comment s’intitulent les différentes parties de leur vulve et n’en connaissent pas toujours la sensibilité et l’utilité dans la sexualité.

 

De la même manière, alors que la presque totalité des garçons se masturbent régulièrement pendant l’adolescence, en parlent entre eux et expérimentent autour de leur désir, les jeunes filles qui ne se sont jamais masturbées sont nombreuses et le sujet fait l’objet d’un tabou entre elles. 12% des femmes adultes de l’enquête se masturbe rarement ou jamais. Historiquement, la masturbation a toujours été vue comme honteuse, causant des maladies et signe d’un problème dans sa vie sexuelle lorsque l’on est en couple. 30% des femmes interrogées dans une enquête américaine considèrent que la masturbation est honteuse[2].

 

Pourtant, 80% des femmes parviennent facilement à l’orgasme lorsqu’elles se masturbent. Pourquoi donc s’en priver ?

 

Enfin, des chercheur/es ont mis en avant le fait que la réponse orgastique pouvait être faussée par des processus cognitifs qui perturbent la qualité des stimuli érotiques. Leurs données indiquent que les femmes uniquement concentrées sur leur apparence physique, la crainte de ne pas être suffisamment performante, ou tout simplement la peur de ne pas jouir, sont plus susceptibles de ne pas avoir d’orgasmes que celles qui sont focalisées sur leurs sensations[3].

 

Le dualisme corps/esprit dans notre culture crée un rapport objectifiant et négatif au corps : le sentiment que son corps est un objet distinct de soi serait renforcé par les interactions sociales durant lesquelles notre apparence physique est jugée, critiquée ou appréciée (lorsqu’on se fait siffler dans la rue, que des collègues et des membres de la famille remarquent tout haut que l’on a pris, ou perdu, du poids etc). Des situations, qui sont rencontrées plus souvent par les femmes que par les hommes et qui sont à l’origine des troubles de l’estime de soi, de l’alimentation, de l’excitation et de l’orgasme chez de nombreuses femmes.

 

La faible estime de soi entraîne des distractions cognitives pendant les rapports sexuels. En effet, la zone du cerveau qui active l’orgasme est très proche de celle qui déclenche la peur, l’anxiété et l’auto-censure (la matière grise). Du fait d’une éducation plus culpabilisante et moraliste à l’égard des femmes, ces dernières ont cette zone particulièrement développée, ce qui entraîne régulièrement l’apparition de pensées parasites qui viennent court-circuiter la montée du plaisir.

 

Les femmes qui montrent le plus de distractions cognitives pendant les rapports sexuels (« mes seins pendent quand je suis à quatre pattes », « il va voir ma cellulite dans cette positions », « je ne peux pas crier trop fort sinon il va penser que je suis une salope ») sont celles qui présentent le moins d’orgasmes et qui ont le plus tendance à simuler. Des recherches ont montré combien les stéréotypes culturels promouvant la soumission des femmes aux hommes affectent également le rapport des femmes à leur corps et à leur sexualité[4]. La majorité des femmes associe inconsciemment les rapports sexuels à la subordination et ce lien psychique affecte la qualité de l’excitation et de l’orgasme.

 

 

Comment accède-t-on à l’orgasme ?

 

Globalement, les choses semblent s’arranger avec le temps. Plus l’on se connaît, plus on s’autorise le plaisir et plus on assume son corps et ses désirs, mieux on jouit. Le nombre de partenaire semble également important pour avoir une sexualité épanouie. Les femmes qui déclarent jouir « souvent ou toujours » sont, à 60%, celles qui ont eu plus de 40 partenaires dans leur vie. Mais ce qui importe avant tout, c’est la qualité du lien affectif avec le, ou les, partenaires. La douceur, l’attention, l’écoute et une certaine dose de savoir faire.

 

Lorsqu’elles ont le choix pour parvenir à l’orgasme les femmes sont unanimes (97%) choisissent le clitoris comme zone à stimuler. Tandis que 25% citent le vagin, 9% citent l’anus, 10% les seins et 5% d’autres zones comme la vulve, les lèvres, l’intérieur des cuisses etc. Elles utilisent majoritairement (80%) leurs doigts ou leur main. Mais il existe de nombreuses façons d’accéder à l’orgasme, que ce soit avec le jet de la douche, un sextoy, le sexe du partenaire, un objet de la vie courante ou bien d’autres choses. Tout est possible, il ne reste qu’à essayer !

 

Apprendre à jouir ? C’est possible !

 

Tout/es les spécialistes de la sexualité le disent, la masturbation c’est le fondement de notre vie érotique. C’est la meilleure façon de connaître ses désirs, les pratiques que l’on aime, se connecter à sa vie fantasmatique et expérimenter le plaisir. La sexothérapeute féministe américaine, Betty Dodson en a même fait la base de sa pratique thérapeutique.

Que vous soyez seule ou en couple, se masturber est une bonne façon de maintenir votre libido vivante et riche, de prendre confiance en vous et de vous remercier pour tout ce que vous faite pour les autres, que ce soit votre partenaire ou vos enfants. Et puis, enfin, comme n’importe quel rapport sexuel agréable, la masturbation diminue le stress, apporte de la détente et une bonne nuit de sommeil.

 

Alors, prête à relever le défi ?

 

 

 

 

 

[1] Toutes les sources citées dans cet article proviennent de l’enquête d’Yves Ferroul, médecin sexologue. BRUNE Elisa et FERROUL Yves. Le Secret des femmes : voyage au cœur du plaisir et de la jouissance, Paris : Odile Jacob, 2010, 320 p.

[2] DAVIDSON J. Kenneth et ANDERSON DARLING Carol. Masturbatory guilt and sexual responsiveness among post-college-age women: Sexual satisfaction revisited, Journal of Sex & Marital Therapy, 1993, vol. 19, n°4, p. 289-300.

[3] CUNTIM M. et NOBRE P. Rôle de la distraction cognitive dans l’orgasme féminin, Sexologies. Revue européenne de sexologie et de santé sexuelle, vol. 20, n° 4, octobre-décembre 2011, p. 241.

[4] KIEFER A. K., SANCHEZ D. T., KALINKA C. J., et al. How women’s nonconscious association of sex with submission relates to their subjective sexual arousability and ability to reach orgasm, Sex Roles, 2006, vol. 55, n°1-2, p. 83-94.

 

Manifeste pour une obsédée

@ Maïc Batmane

Spécialité et obsession :

 

Vous savez sans doute comme moi que pour être expert/e dans un domaine, qu’il soit intellectuel ou manuel, il faut être spécialiste. Cette spécialité apporte généralement suffisamment de crédit à la personne qui la maîtrise pour compenser son défaut de connaissances dans d’autres domaines. Défaut de connaissances bien légitime puisque l’attention du ou de la spécialiste est requise par la-dite spécialité. Les expert/es sont fréquemment consulté/es et appelé/es pour leurs connaissances et leur maîtrise précises qu’ils ont d’un sujet ou d’une pratique. En cela on les respecte ; ce sont des personnes qui ont une faculté hors-norme.

 

Mais il existe une expertise qui n’attire aucun respect pour son expert : l’expertise sexuelle.

 

L’expertise en matière de sexe, qu’elle soit celle de la fellation, du strip-tease torride, du coup de cravache ou bien encore des textes érotiques n’est sujette à aucune glorification, voire elle provoque le mépris et les sarcasmes de l’opinion publique. De spécialiste on passe bientôt à obsédé/e, érotomane, hystérique ou pire, nymphomane. Ces désignations pathologisantes sont, on le remarquera, très genrées. C’est ainsi que ce sont surtout les femmes, expertes sexuellement, qui se voient taxées d’être « chaudes du cul », de « chiennes » et de « nymphos », souvent par ceux-là mêmes qui se plaignent d’avoir des partenaires inhabiles et inhibées.

 

C’est le dilemme victorien : avoir une épouse innocente et respectable ou une maîtresse dévergondée mais méprisable ?

 

Pourtant, même s’il n’existe aucune institution pour se former à être une bonne amante, l’on attend de vous que vous sachiez faire jouir celles et ceux avec qui vous baisez, comme si c’était inné.

 

C’est un deuxième dilemme dans la sexualité : il faut être suffisamment intéressée par le cul pour être capable d’être « un bon coup » mais pas non plus virer obséder.

 

Du coup, on apprend dans l’ombre, honteusement. On lit les manuels de sexualité à l’abri des regards indiscrets, on se renseigne anonymement sur internet ou devant des films pornos, on apprend sur le tas et nos partenaires en font les frais ! Le fait que l »idée même, lancée par un de mes amis, d’une école destinée à former des amants et des amantes professionnels déclenche l’hilarité est caractéristique de ce rejet d’un apprentissage de la sexualité.

 

En quoi les sexpertes se distinguent-ils/elles suffisamment des sportifs, des médecins et des masseurs pour que ceux-là aient leurs instituts de formations, leurs écoles, leurs diplômes et leur respectabilité, tandis que les autres, les professionnels du sexe, les amants de compétition, les passionné/es du cul doivent se débrouiller seul/e/s, dans le mépris général ?

 

La spécificité de la sexualité :

 

Certains pourront se baser sur la pensée chrétienne pour me reprocher de détourner la sexualité de son objet originel : en l’occurrence la procréation et la communion entre les époux. Ce premier argument n’est pas le plus fréquent ni le plus redoutable – et il y a belle lurette que l’on dénonce les positions conservatrices du clergé.

 

D’autres, adeptes de Descartes dirons que se spécialiser dans la sexualité c’est donner trop d’importance à la matière, au corps et pas suffisamment à l’esprit, à l’intellect. C’est ce que l’on me dit bien souvent, malgré mes tentatives, inutiles, de faire entendre, à qui le veut bien, que je m’intéresse aussi, et peut-être avant-tout, à la sexualité d’un point de vue intellectuel. Ça n’est pas parce que je parle de sexe en tant que pratique depuis le début que ma conception de la sexualité se restreint au « jeu savant, correct et magnifique des corps assemblés sous la lumière » pour détourner une phrase célèbre de Le Corbusier.

 

Mais sans doute est-ce le moment de vous préciser ce que j’entends par « sexualité ».

 

Pour moi le terme sexualité recouvre une réalité très vaste, qui est loin de se limiter aux simples rapports sexuels, entendez au coït. Selon mon acception, les rapports sociaux entre les classes de sexes, les pratiques d’érotisation du corps (le maquillage, l’épilation, l’usage de parfum, le choix des vêtements, la musculation, ou encore le port de bijoux), l’identité sexuelle, le B/D/S/M (bondage and discipline, domination and submission, sadomasochism), l’histoire des discours sur la sexualité, la censure, l’érotisme, la pornographie, les modifications corporelles, l’histoire des luttes LGBTI (lesbiennes, gaies, bi, trans et intersexes), le féminisme, la prostitution, le rouge à lèvre et les godes-ceintures font partie de la sexualité.

 

Partant de là il est difficile de soutenir que je porte des œillères et que mon chant d’investigation est limité ! J’ai bien peur, au contraire, de n’avoir pas assez d’une vie pour apprendre tout ce qui m’intéresse sur le sujet.

 

Mais alors, pourquoi continue-t-on de me dire que mon intérêt intellectuel pour les choses du sexe est déplacé, mineur et encombrant ?

C’est bien sans doute parce que le sexe dénature tout objet, même le plus scientifique. Ne soupçonne-t-on pas les chercheurs qui travaillent sur le porno, les bars de rencontre ou la prostitution de nourrir un intérêt malsain et inconvenant pour leur sujet ? Un employé de la bibliothèque nationale de France m’a même expliqué que les livres, anciennement classé à l’Enfer, sont à consulter dans une salle spéciale et après entretien avec le chercheur, qui doit prouver qu’il ne poursuit pas un dessein concupiscent en faisant une thèse sur les livres censurés des siècles passés !

 

Un point de vue moraliste :

 

Les arguments qui tendent à présenter les études sur la sexualité comme mineures, dérisoires, graveleuses et de moindre envergure que celles sur la Seconde Guerre mondiale ou la IIIème République sont des arguments moralistes, basés sur un système de valeur où la raison doit l’emporter sur les sens.

 

L’on prétend que la sexualité est anecdotique, contingente, de l’ordre du luxe ou du superfétatoire mais tout le monde en parle, que ce soit pour l’encenser ou la condamner ; et ce sont surtout ceux qui la condamnent qui en parlent le plus ! Je ris toujours en pensant à ces fervents chevaliers servants de la morale, les agents de la police des mœurs, qui passent leurs journées, aux frais du contribuable, à regarder des films pornos pour interdire ceux qui outrepassent les limites du convenables !

 

Si l’économie et le gouvernement des états sont importants, voire nécessaire, à la vie en commun, il est des choses non négligeables pour le bien-être de chaque être vivant, dont la sexualité fait amplement partie. On m’a dit que le sexe n’occupe qu’une part infime dans la vie des humains et qu’il est de nature privée, mais alors pourquoi la police et la justice s’opiniâtrent-elles à le réglementer et à le contrôler, s’il est aussi dérisoire ?

 

La sexualité est une source potentielle de traumatismes, de blessures, de mauvaises expériences mais aussi de plaisir, de joie, de compassion, de rencontres, d’apprentissages, d’altruisme, de découvertes, et de partage. Beaucoup de personnes sont empêchées de vivre cela pleinement, en partie à cause des lois, du moralisme, de l’auto-censure, de leur éducation, des jugements de valeur ou encore des religions.

 

Le discrédit porté sur l’expertise sexuelle, pratique et intellectuelle, participe des conceptions négatives de la sexualité qui entravent son épanouissement et l’entourent d’une aura de mystère et dangerosité. Il est responsable, pour partie, des discriminations et des violences exercées à l’encontre des pédés, des gouines, des trans, des putes et des pervers/es de tous genres et de tous bords. Il est aussi une des causes de la frustration sexuelle ressentie par une part énorme de la société. Il est à l’œuvre dans les manifestations agressives de désir à l’égard des filles en jupe et en talons hauts.

 

Et on en a assez !

 

Alors, oui ! Je veux être une obsédée et aider les autres à l’être aussi, si ils et elles le souhaitent.

 

Conseils d’une sexperte : Pourquoi la sexothérapie ? Comment peut-elle aider ?

Dans cette vidéo, la sexothérapeute nord-américaine Margie Nichols, explique un peu les différences qui existent entre les thérapeutes sexuels et les thérapeutes « classiques » – c’est-à-dire les psychologues diplômé/es, les travailleurs/ses sociaux/les, les conseillers/ères, y compris les conseillers/ères conjugaux/les.
En un mot : les sexothérapeutes sont des spécialistes.
Vous ne s’adresseriez pas à votre médecin de famille si vous aviez besoin d’une intervention cardiaque et vous ne vous s’adresseriez pas à des thérapeutes pour demander leur aide en cas de problème sexuel si ces dernier/ères n’étaient pas formé/es et diplômé/es comme sexothérapeutes. Il s’agit de connaître l’aspect médical des dysfonctionnements sexuels et maîtriser les protocoles spéciaux indiqués pour le traitement de chaque problème. Mais, même les thérapeutes familiaux/es et les conseiller/ères conjugaux/les- dont on peut attendre qu’ils et elles aient cette formation – ignorent les dysfonctionnements dans leur thérapie.
Le problème est que beaucoup de thérapeutes « généralistes » ne savent pas qu’ils/elles sont ignorant/es. Le sexe est toujours un sujet tabou qui n’est pas abordé beaucoup en psychothérapie. Nous grandissons tous et toutes, y compris les thérapeutes, dans une culture qui d’un côté exploite le sexe et, de l’autre, évite les discussions ouvertes, réalistes et franches sur le sexe. Le raisonnement pour ne pas parler de sexe en thérapie est que la plupart de thérapeutes apprennent que les problèmes sexuels sont le résultat de problèmes relationnels. Résolvez les problèmes de couple et les problèmes de sexe disparaitront.
Et parfois, c’est vrai. Parfois, les couples font peu ou pas de sexe dans leur mariage parce qu’ils se battent trop au sujet d’autres problèmes et leurs disputes sont malveillantes. Parfois, ils ont cessé de s’aimer. Lorsque ces choses arrivent, le couple a besoin d’un « généraliste » expérimenté dans le conseil en relation – ou d’un avocat.
Mais il y a beaucoup d’autres cas dans lesquels des problèmes sexuels existent dans des couples heureux, dans lesquels les problèmes sexuels sont la cause des problèmes relationnels.
Voici quelques exemples de problèmes sexuels à l’origine de problème dans le couple:
1. Un des deux partenaires développe un problème médical – dysfonction érectile ou trouble de la douleur sexuelle féminine, pour n’en nommer que deux-, mais l’ignorance de la nature du problème entraîne des blessures ou des sentiments de colère, à l’origine des problèmes entre les deux personnes.
2. La relation peut être parfaitement heureuse, mais, parce que les partenaires n’ont pas beaucoup d’inclination pour le sexe, la sexualité s’est fanée ou est morte entre eux.
3. Le couple a négligé de donner la priorité à leur vie sexuelle, ou ne savait pas comment faire cela, ce qui les a amenés à se sentir blessés, en colère, à se vouloir, à s’en vouloir – en bref, à avoir beaucoup de conflits.
Si vous faites partie de ces trois modèles, envisagez de voir un/e sexothérapeute.
Pour découvrir le site de Margie Nichols et lire l’article dans sa version originale, vous pouvez consulter consulter le site de son institut.

Mon approche humaniste et féministe de la sexothérapie

Au même titre que dans les thérapies individuelles, il est important, dans les thérapies de couple d’interroger les règles de l’amour monogame et romantique afin que les individus fassent le choix des limites et des accords qui leur conviennent plutôt que de reproduire des injonctions sociales de façon non-conscientes. Le/a sexothérapeute Meg John Barker a consacré différents articles destinés à aider les thérapeutes qui souhaitent accompagner leurs client/es à découvrir les façons d’entretenir des relations qui leur conviennent et à trouver un équilibre entre liberté et liens affectifs[2]. Interroger les normes du couple et de la monogamie permet également d’envisager les relations affectives comme des arrangements sans cesse en mouvement et en évolution plutôt que comme des rapports de possession mutuelle définitive.
Les thérapeutes et éducatrices sexuelles Dossie Easton et Janet W. Hardy ont consacré en 1997 un ouvrage à la question de l’éthique des relations amoureuses et sexuelles libres. Libres, non au sens d’une liberté prise sur les dos des partenaires, à grands renforts de mensonges, de jalousie et de conflits, mais au sens d’une liberté permise par la remise en question des injonctions de l’amour romantique (en duo exclusif, possessif, jaloux, définitif, magique). De façon paradoxale, la liberté promue par Easton et Hardy repose sur un ensemble de règles éthiques, définie par les différent/es protagonistes inclus/es dans la relation, qui encadrent les possibilités d’aimer et de jouir librement et affranchissent de la culpabilité, de la honte et des lois du secret qui régissent habituellement les amours infidèles.
Récemment traduit en Français, La Salope éthique est loin de constituer une condamnation sans appel des relations monogames. Ce livre offre au contraire aux lecteur/ices et aux thérapeutes un ensemble de conseils visant à améliorer l’ensemble des relations affectives, des relations amicales aux relations sexuelles en passant par les relations familiales et conjugales. Les auteures insistent ainsi sur la capacité à écouter et accepter les besoins, les craintes et les limites de son/ses partenaires et exprimer les siens ; à assumer ses sentiments et à être indulgent/e et honnête envers soi-même (accepter le fait que l’on ressent de la jalousie, que l’on se sent malaimé/e, que l’on a besoin d’affection) sans dénier ce ressenti. En effet, ce serait en cherchant à rejeter nos émotions qu’elles nous feraient le plus souffrir. Elles écrivent : « Les sentiments aiment être entendus – ceux des autres ainsi que les vôtres. Dès que vous comprenez qu’écouter est bel et bien une activité constructive, de même que demander à quelqu’un de vous écouter, ce sera plus facile à gérer de vous ouvrir à ces sentiments problématiques et d’apprendre à les gérer. L’idée est d’accueillir ces sentiments avec bienveillance, comme des invités. Et de la même façon que les invités, ils finiront bien par partir ».
Mais si ces approches thérapeutiques ont pu favoriser une compréhension plus libertaire de la sexualité, le seul rétablissement de la capacité à jouir ne suffit pas à garantir un épanouissement sexuel et à rendre les gens heureux. En effet, une évaluation diagnostique qui repose sur des critères quantifiables, objectifs et physiologiques, ne prend pas en compte la signification et l’expériences subjectives du/de la patient/e. La sexualité est une expression humaine raffinée, qui s’articule en nous à de multiples niveaux, aussi bien conscient que non-conscient, cognitif que physiologique, fantasmatique que politique. Elle nécessite une analyse sur plusieurs registres, qui prend en compte l’intégralité du sujet.
Les êtres humains ont besoin d’éléments essentiels pour croître et se développer : à savoir être libres de penser, de désirer et de se mouvoir, établir des relations affectives sécurisantes et enrichissantes et accroître les possibilités de son corps et de son cerveau[9]. En ce sens, il s’agit de revenir à l’ambition de Sigmund Freud qui consistait à rendre hommage à la complexité du fonctionnement humain, en ne proposant pas une théorie définitive et simpliste du sexuel mais en donnant seulement des pistes de réflexion aux professionnel/les en but avec la diversité sexuelle et de genre.

Pourquoi s’intéresser au point-G ?

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 #1 Parce que c’est toujours intéressant de découvrir de nouvelles choses sur soi et de nouvelles capacités de son corps

Le point-G, appelé également “prostate féminine”, a été découvert en 1672 par l’anatomiste néerlandais Regnier De Graaf. Malgré cela, il ne figure toujours pas dans la grande majorité des manuels de médecine. Ce déni du corps médical contribue à maintenir l’aura de mystère, voire de mythe, qui entoure cette zone – dont l’existence a pourtant été confirmée par le slovaque Milan Zaviacic, fort de près de vingt années d’études approfondies sur le sujet entre 1982 et 1999.

#2 Parce que c’est l’une des zones les plus sensibles du vagin

Le point-G n’est pas un bouton magique pour déclencher des orgasmes sur commande, ni une zone floue et imprécise. Selon l’acception de Deborah Sundahl, experte sexuelle américaine : “ le point-G n’est pas à proprement parler un point sur la paroi du vagin. C’est un organe que l’on peut sentir et stimuler à travers la paroi vaginale” ( Deborah Sundahl, Tout savoir sur le point-G et l’éjaculation féminine, Clamecy, Tabou, 2007, p. 59).

#3 Parce que ça peut vous faire ressentir des sensations inédites et très intenses

Les orgasmes provoqués par la stimulation du point-G sont généralement plus longs que les orgasmes clitoridiens. Ils peuvent également se multiplier… presqu’à l’infini ! Ceci ne voulant pas dire qu’ils sont mieux que les autres, mais qu’ils sont intéressants à essayer car très profonds, très intenses, ils libèrent bien souvent des émotions enfouies profondément.

#4 Parce que le point-G est une zone reliée aux émotions, qu’il peut conserver des traces d’émotions négatives et entraîner des blocages et des douleurs si elles ne son pas libérées régulièrement

Le point-G est traversé par l’urètre et le nerf pelvien (à l’origine des orgasmes vaginaux), qui sont tous les deux reliés aux émotions. En cas de blocages, de traumas ou de contractions extrêmes, il est nécessaire de masser cette zone soi-même, avec son ou sa partenaire, voire avec un/e ostéopathe spécialisé/e si le blocage est vraiment intense. Ne soyez pas surprise si vous fondez en larme après un orgasme du point-G, c’est que vous aurez libéré toutes les émotions contenues dans cet organe.

#5 Parce qu’ils vous font faire votre musculation interne

L’orgasme du point-G fait travailler tout le plancher pelvien. C’est un cercle vertueux : pour obtenir des orgasmes vaginaux, il faut un plancher pelvien (les muscles pubo-coxygiens) tonique, capable de se contracter puissamment, pendant longtemps, mais aussi de se relâcher et de se détendre complètement. Bien peu de femmes s’occupent de cette zone de leur corps, en dehors de celles qui ont accouché et qui font leurs exercices post-partum. Pourtant, un périnée musclé et régulièrement exercé procure de meilleurs orgasmes et évite les blocages et les douleurs aux hanches, au bassin ou dans le vagin. Mais également les fuites urinaires et les risques de descente d’organes.
La bonne nouvelle est que stimuler son point-G et avoir des orgasmes procure une contraction des muscles lisses du vagin et donc les rend plus musclés !

#6 Parce que le point-G est une prostate qui, comme celle des hommes, produit un liquide (éjaculat dont la composition chimique est la même que le sperme mais sans spermatozoïdes) et qu’il est amusant d’éjaculer ! Et que cela protège des infections vaginales et urinaires

Le docteur Zaviacic a indiqué dans ses recherches que l’éjaculat était un agent protecteur pour l’urètre contre les effets agressifs de l’urine. A contrario l’inhibition de l’éjaculation chez les femmes (lorsque le liquide remonte dans la vessie selon le processus appelé éjaculation rétrograde) est favorable au développement d’infections. Aussi est-il frappant de constater que plus de la moitié des visites chez le gynécologue sont à attribuer à des maladies de type infections vaginales dans un contexte social où l’éjaculation des femmes est dévalorisée, voire méconnue.

Et pour finir, une petite vidéo amusante sur le point-G