Chemin vers la découverte de son corps érotique.

Femmes et hommes inégaux face à l’orgasme

 

Les femmes, bien plus fréquemment que les hommes, ont encore du mal à atteindre l’orgasme, trouver du plaisir dans les rapports sexuels et être en phase avec leur libido. Même si l’âge moyen du premier rapport sexuel a lieu majoritairement entre 16 et 19 ans pour les filles comme pour les garçons, l’âge du premier orgasme diffère largement selon les sexes : 11% des filles ont connu l’orgasme lors de leur premier rapport sexuel, tandis que la quasi totalité des garçons jouissent lors de leur première fois.

 

Une fois adulte, la disparité reste flagrante : 90 à 95% des hommes parviennent toujours ou presque toujours à l’orgasme lors des rapports sexuels, tandis que pour les femmes, 44% jouit « souvent ou toujours », 31% « environ une fois sur deux » et 25% « rarement ou jamais ». Enfin, 5% de la population féminine interrogée n’a jamais connu l’orgasme[1].

 

Mais alors, qu’est-ce qui explique de telles différences ?

 

Tout d’abord, la façon dont l’on éduque les enfants : alors que l’on évoque facilement le sexe des garçons lors de la toilette ou de l’habillage – puisqu’il est apparent et qu’il sert à la reproduction et à la miction -, le sexe des filles est rarement nommé ou évoqué. A fortiori, les parties internes du corps des femmes peuvent parfois faire carrément l’objet d’un tabou. Alors que le pénis, au même titre que l’utérus et les ovaires, peuvent être cités en tant qu’organes de la reproduction, le clitoris – qui n’a aucun rôle dans la procréation et ne sert qu’au plaisir – n’est que très rarement présenté et nommé par les parents à leurs fillettes. Sans parler du point-G qui est, bien souvent, ignoré par les mères elles-mêmes.

 

De sorte que, arrivées à l’âge adulte, nombre de femmes ne connaissent pas bien leur anatomie, n’ont jamais pris de miroir pour regarder leurs lèvres, leur urètre ou leur col de l’utérus. Elles ne savent pas comment s’intitulent les différentes parties de leur vulve et n’en connaissent pas toujours la sensibilité et l’utilité dans la sexualité.

 

De la même manière, alors que la presque totalité des garçons se masturbent régulièrement pendant l’adolescence, en parlent entre eux et expérimentent autour de leur désir, les jeunes filles qui ne se sont jamais masturbées sont nombreuses et le sujet fait l’objet d’un tabou entre elles. 12% des femmes adultes de l’enquête se masturbe rarement ou jamais. Historiquement, la masturbation a toujours été vue comme honteuse, causant des maladies et signe d’un problème dans sa vie sexuelle lorsque l’on est en couple. 30% des femmes interrogées dans une enquête américaine considèrent que la masturbation est honteuse[2].

 

Pourtant, 80% des femmes parviennent facilement à l’orgasme lorsqu’elles se masturbent. Pourquoi donc s’en priver ?

 

Enfin, des chercheur/es ont mis en avant le fait que la réponse orgastique pouvait être faussée par des processus cognitifs qui perturbent la qualité des stimuli érotiques. Leurs données indiquent que les femmes uniquement concentrées sur leur apparence physique, la crainte de ne pas être suffisamment performante, ou tout simplement la peur de ne pas jouir, sont plus susceptibles de ne pas avoir d’orgasmes que celles qui sont focalisées sur leurs sensations[3].

 

Le dualisme corps/esprit dans notre culture crée un rapport objectifiant et négatif au corps : le sentiment que son corps est un objet distinct de soi serait renforcé par les interactions sociales durant lesquelles notre apparence physique est jugée, critiquée ou appréciée (lorsqu’on se fait siffler dans la rue, que des collègues et des membres de la famille remarquent tout haut que l’on a pris, ou perdu, du poids etc). Des situations, qui sont rencontrées plus souvent par les femmes que par les hommes et qui sont à l’origine des troubles de l’estime de soi, de l’alimentation, de l’excitation et de l’orgasme chez de nombreuses femmes.

 

La faible estime de soi entraîne des distractions cognitives pendant les rapports sexuels. En effet, la zone du cerveau qui active l’orgasme est très proche de celle qui déclenche la peur, l’anxiété et l’auto-censure (la matière grise). Du fait d’une éducation plus culpabilisante et moraliste à l’égard des femmes, ces dernières ont cette zone particulièrement développée, ce qui entraîne régulièrement l’apparition de pensées parasites qui viennent court-circuiter la montée du plaisir.

 

Les femmes qui montrent le plus de distractions cognitives pendant les rapports sexuels (« mes seins pendent quand je suis à quatre pattes », « il va voir ma cellulite dans cette positions », « je ne peux pas crier trop fort sinon il va penser que je suis une salope ») sont celles qui présentent le moins d’orgasmes et qui ont le plus tendance à simuler. Des recherches ont montré combien les stéréotypes culturels promouvant la soumission des femmes aux hommes affectent également le rapport des femmes à leur corps et à leur sexualité[4]. La majorité des femmes associe inconsciemment les rapports sexuels à la subordination et ce lien psychique affecte la qualité de l’excitation et de l’orgasme.

 

 

Comment accède-t-on à l’orgasme ?

 

Globalement, les choses semblent s’arranger avec le temps. Plus l’on se connaît, plus on s’autorise le plaisir et plus on assume son corps et ses désirs, mieux on jouit. Le nombre de partenaire semble également important pour avoir une sexualité épanouie. Les femmes qui déclarent jouir « souvent ou toujours » sont, à 60%, celles qui ont eu plus de 40 partenaires dans leur vie. Mais ce qui importe avant tout, c’est la qualité du lien affectif avec le, ou les, partenaires. La douceur, l’attention, l’écoute et une certaine dose de savoir faire.

 

Lorsqu’elles ont le choix pour parvenir à l’orgasme les femmes sont unanimes (97%) choisissent le clitoris comme zone à stimuler. Tandis que 25% citent le vagin, 9% citent l’anus, 10% les seins et 5% d’autres zones comme la vulve, les lèvres, l’intérieur des cuisses etc. Elles utilisent majoritairement (80%) leurs doigts ou leur main. Mais il existe de nombreuses façons d’accéder à l’orgasme, que ce soit avec le jet de la douche, un sextoy, le sexe du partenaire, un objet de la vie courante ou bien d’autres choses. Tout est possible, il ne reste qu’à essayer !

 

Apprendre à jouir ? C’est possible !

 

Tout/es les spécialistes de la sexualité le disent, la masturbation c’est le fondement de notre vie érotique. C’est la meilleure façon de connaître ses désirs, les pratiques que l’on aime, se connecter à sa vie fantasmatique et expérimenter le plaisir. La sexothérapeute féministe américaine, Betty Dodson en a même fait la base de sa pratique thérapeutique.

Que vous soyez seule ou en couple, se masturber est une bonne façon de maintenir votre libido vivante et riche, de prendre confiance en vous et de vous remercier pour tout ce que vous faite pour les autres, que ce soit votre partenaire ou vos enfants. Et puis, enfin, comme n’importe quel rapport sexuel agréable, la masturbation diminue le stress, apporte de la détente et une bonne nuit de sommeil.

 

Alors, prête à relever le défi ?

 

 

 

 

 

[1] Toutes les sources citées dans cet article proviennent de l’enquête d’Yves Ferroul, médecin sexologue. BRUNE Elisa et FERROUL Yves. Le Secret des femmes : voyage au cœur du plaisir et de la jouissance, Paris : Odile Jacob, 2010, 320 p.

[2] DAVIDSON J. Kenneth et ANDERSON DARLING Carol. Masturbatory guilt and sexual responsiveness among post-college-age women: Sexual satisfaction revisited, Journal of Sex & Marital Therapy, 1993, vol. 19, n°4, p. 289-300.

[3] CUNTIM M. et NOBRE P. Rôle de la distraction cognitive dans l’orgasme féminin, Sexologies. Revue européenne de sexologie et de santé sexuelle, vol. 20, n° 4, octobre-décembre 2011, p. 241.

[4] KIEFER A. K., SANCHEZ D. T., KALINKA C. J., et al. How women’s nonconscious association of sex with submission relates to their subjective sexual arousability and ability to reach orgasm, Sex Roles, 2006, vol. 55, n°1-2, p. 83-94.

 

Manifeste pour une obsédée

@ Maïc Batmane

Spécialité et obsession :

 

Vous savez sans doute comme moi que pour être expert/e dans un domaine, qu’il soit intellectuel ou manuel, il faut être spécialiste. Cette spécialité apporte généralement suffisamment de crédit à la personne qui la maîtrise pour compenser son défaut de connaissances dans d’autres domaines. Défaut de connaissances bien légitime puisque l’attention du ou de la spécialiste est requise par la-dite spécialité. Les expert/es sont fréquemment consulté/es et appelé/es pour leurs connaissances et leur maîtrise précises qu’ils ont d’un sujet ou d’une pratique. En cela on les respecte ; ce sont des personnes qui ont une faculté hors-norme.

 

Mais il existe une expertise qui n’attire aucun respect pour son expert : l’expertise sexuelle.

 

L’expertise en matière de sexe, qu’elle soit celle de la fellation, du strip-tease torride, du coup de cravache ou bien encore des textes érotiques n’est sujette à aucune glorification, voire elle provoque le mépris et les sarcasmes de l’opinion publique. De spécialiste on passe bientôt à obsédé/e, érotomane, hystérique ou pire, nymphomane. Ces désignations pathologisantes sont, on le remarquera, très genrées. C’est ainsi que ce sont surtout les femmes, expertes sexuellement, qui se voient taxées d’être « chaudes du cul », de « chiennes » et de « nymphos », souvent par ceux-là mêmes qui se plaignent d’avoir des partenaires inhabiles et inhibées.

 

C’est le dilemme victorien : avoir une épouse innocente et respectable ou une maîtresse dévergondée mais méprisable ?

 

Pourtant, même s’il n’existe aucune institution pour se former à être une bonne amante, l’on attend de vous que vous sachiez faire jouir celles et ceux avec qui vous baisez, comme si c’était inné.

 

C’est un deuxième dilemme dans la sexualité : il faut être suffisamment intéressée par le cul pour être capable d’être « un bon coup » mais pas non plus virer obséder.

 

Du coup, on apprend dans l’ombre, honteusement. On lit les manuels de sexualité à l’abri des regards indiscrets, on se renseigne anonymement sur internet ou devant des films pornos, on apprend sur le tas et nos partenaires en font les frais ! Le fait que l »idée même, lancée par un de mes amis, d’une école destinée à former des amants et des amantes professionnels déclenche l’hilarité est caractéristique de ce rejet d’un apprentissage de la sexualité.

 

En quoi les sexpertes se distinguent-ils/elles suffisamment des sportifs, des médecins et des masseurs pour que ceux-là aient leurs instituts de formations, leurs écoles, leurs diplômes et leur respectabilité, tandis que les autres, les professionnels du sexe, les amants de compétition, les passionné/es du cul doivent se débrouiller seul/e/s, dans le mépris général ?

 

La spécificité de la sexualité :

 

Certains pourront se baser sur la pensée chrétienne pour me reprocher de détourner la sexualité de son objet originel : en l’occurrence la procréation et la communion entre les époux. Ce premier argument n’est pas le plus fréquent ni le plus redoutable – et il y a belle lurette que l’on dénonce les positions conservatrices du clergé.

 

D’autres, adeptes de Descartes dirons que se spécialiser dans la sexualité c’est donner trop d’importance à la matière, au corps et pas suffisamment à l’esprit, à l’intellect. C’est ce que l’on me dit bien souvent, malgré mes tentatives, inutiles, de faire entendre, à qui le veut bien, que je m’intéresse aussi, et peut-être avant-tout, à la sexualité d’un point de vue intellectuel. Ça n’est pas parce que je parle de sexe en tant que pratique depuis le début que ma conception de la sexualité se restreint au « jeu savant, correct et magnifique des corps assemblés sous la lumière » pour détourner une phrase célèbre de Le Corbusier.

 

Mais sans doute est-ce le moment de vous préciser ce que j’entends par « sexualité ».

 

Pour moi le terme sexualité recouvre une réalité très vaste, qui est loin de se limiter aux simples rapports sexuels, entendez au coït. Selon mon acception, les rapports sociaux entre les classes de sexes, les pratiques d’érotisation du corps (le maquillage, l’épilation, l’usage de parfum, le choix des vêtements, la musculation, ou encore le port de bijoux), l’identité sexuelle, le B/D/S/M (bondage and discipline, domination and submission, sadomasochism), l’histoire des discours sur la sexualité, la censure, l’érotisme, la pornographie, les modifications corporelles, l’histoire des luttes LGBTI (lesbiennes, gaies, bi, trans et intersexes), le féminisme, la prostitution, le rouge à lèvre et les godes-ceintures font partie de la sexualité.

 

Partant de là il est difficile de soutenir que je porte des œillères et que mon chant d’investigation est limité ! J’ai bien peur, au contraire, de n’avoir pas assez d’une vie pour apprendre tout ce qui m’intéresse sur le sujet.

 

Mais alors, pourquoi continue-t-on de me dire que mon intérêt intellectuel pour les choses du sexe est déplacé, mineur et encombrant ?

C’est bien sans doute parce que le sexe dénature tout objet, même le plus scientifique. Ne soupçonne-t-on pas les chercheurs qui travaillent sur le porno, les bars de rencontre ou la prostitution de nourrir un intérêt malsain et inconvenant pour leur sujet ? Un employé de la bibliothèque nationale de France m’a même expliqué que les livres, anciennement classé à l’Enfer, sont à consulter dans une salle spéciale et après entretien avec le chercheur, qui doit prouver qu’il ne poursuit pas un dessein concupiscent en faisant une thèse sur les livres censurés des siècles passés !

 

Un point de vue moraliste :

 

Les arguments qui tendent à présenter les études sur la sexualité comme mineures, dérisoires, graveleuses et de moindre envergure que celles sur la Seconde Guerre mondiale ou la IIIème République sont des arguments moralistes, basés sur un système de valeur où la raison doit l’emporter sur les sens.

 

L’on prétend que la sexualité est anecdotique, contingente, de l’ordre du luxe ou du superfétatoire mais tout le monde en parle, que ce soit pour l’encenser ou la condamner ; et ce sont surtout ceux qui la condamnent qui en parlent le plus ! Je ris toujours en pensant à ces fervents chevaliers servants de la morale, les agents de la police des mœurs, qui passent leurs journées, aux frais du contribuable, à regarder des films pornos pour interdire ceux qui outrepassent les limites du convenables !

 

Si l’économie et le gouvernement des états sont importants, voire nécessaire, à la vie en commun, il est des choses non négligeables pour le bien-être de chaque être vivant, dont la sexualité fait amplement partie. On m’a dit que le sexe n’occupe qu’une part infime dans la vie des humains et qu’il est de nature privée, mais alors pourquoi la police et la justice s’opiniâtrent-elles à le réglementer et à le contrôler, s’il est aussi dérisoire ?

 

La sexualité est une source potentielle de traumatismes, de blessures, de mauvaises expériences mais aussi de plaisir, de joie, de compassion, de rencontres, d’apprentissages, d’altruisme, de découvertes, et de partage. Beaucoup de personnes sont empêchées de vivre cela pleinement, en partie à cause des lois, du moralisme, de l’auto-censure, de leur éducation, des jugements de valeur ou encore des religions.

 

Le discrédit porté sur l’expertise sexuelle, pratique et intellectuelle, participe des conceptions négatives de la sexualité qui entravent son épanouissement et l’entourent d’une aura de mystère et dangerosité. Il est responsable, pour partie, des discriminations et des violences exercées à l’encontre des pédés, des gouines, des trans, des putes et des pervers/es de tous genres et de tous bords. Il est aussi une des causes de la frustration sexuelle ressentie par une part énorme de la société. Il est à l’œuvre dans les manifestations agressives de désir à l’égard des filles en jupe et en talons hauts.

 

Et on en a assez !

 

Alors, oui ! Je veux être une obsédée et aider les autres à l’être aussi, si ils et elles le souhaitent.

 

Conseils d’une sexperte : Pourquoi la sexothérapie ? Comment peut-elle aider ?

Dans cette vidéo, la sexothérapeute nord-américaine Margie Nichols, explique un peu les différences qui existent entre les thérapeutes sexuels et les thérapeutes « classiques » – c’est-à-dire les psychologues diplômé/es, les travailleurs/ses sociaux/les, les conseillers/ères, y compris les conseillers/ères conjugaux/les.
En un mot : les sexothérapeutes sont des spécialistes.
Vous ne s’adresseriez pas à votre médecin de famille si vous aviez besoin d’une intervention cardiaque et vous ne vous s’adresseriez pas à des thérapeutes pour demander leur aide en cas de problème sexuel si ces dernier/ères n’étaient pas formé/es et diplômé/es comme sexothérapeutes. Il s’agit de connaître l’aspect médical des dysfonctionnements sexuels et maîtriser les protocoles spéciaux indiqués pour le traitement de chaque problème. Mais, même les thérapeutes familiaux/es et les conseiller/ères conjugaux/les- dont on peut attendre qu’ils et elles aient cette formation – ignorent les dysfonctionnements dans leur thérapie.
Le problème est que beaucoup de thérapeutes « généralistes » ne savent pas qu’ils/elles sont ignorant/es. Le sexe est toujours un sujet tabou qui n’est pas abordé beaucoup en psychothérapie. Nous grandissons tous et toutes, y compris les thérapeutes, dans une culture qui d’un côté exploite le sexe et, de l’autre, évite les discussions ouvertes, réalistes et franches sur le sexe. Le raisonnement pour ne pas parler de sexe en thérapie est que la plupart de thérapeutes apprennent que les problèmes sexuels sont le résultat de problèmes relationnels. Résolvez les problèmes de couple et les problèmes de sexe disparaitront.
Et parfois, c’est vrai. Parfois, les couples font peu ou pas de sexe dans leur mariage parce qu’ils se battent trop au sujet d’autres problèmes et leurs disputes sont malveillantes. Parfois, ils ont cessé de s’aimer. Lorsque ces choses arrivent, le couple a besoin d’un « généraliste » expérimenté dans le conseil en relation – ou d’un avocat.
Mais il y a beaucoup d’autres cas dans lesquels des problèmes sexuels existent dans des couples heureux, dans lesquels les problèmes sexuels sont la cause des problèmes relationnels.
Voici quelques exemples de problèmes sexuels à l’origine de problème dans le couple:
1. Un des deux partenaires développe un problème médical – dysfonction érectile ou trouble de la douleur sexuelle féminine, pour n’en nommer que deux-, mais l’ignorance de la nature du problème entraîne des blessures ou des sentiments de colère, à l’origine des problèmes entre les deux personnes.
2. La relation peut être parfaitement heureuse, mais, parce que les partenaires n’ont pas beaucoup d’inclination pour le sexe, la sexualité s’est fanée ou est morte entre eux.
3. Le couple a négligé de donner la priorité à leur vie sexuelle, ou ne savait pas comment faire cela, ce qui les a amenés à se sentir blessés, en colère, à se vouloir, à s’en vouloir – en bref, à avoir beaucoup de conflits.
Si vous faites partie de ces trois modèles, envisagez de voir un/e sexothérapeute.
Pour découvrir le site de Margie Nichols et lire l’article dans sa version originale, vous pouvez consulter consulter le site de son institut.

Mon approche humaniste et féministe de la sexothérapie

Au même titre que dans les thérapies individuelles, il est important, dans les thérapies de couple d’interroger les règles de l’amour monogame et romantique afin que les individus fassent le choix des limites et des accords qui leur conviennent plutôt que de reproduire des injonctions sociales de façon non-conscientes. Le/a sexothérapeute Meg John Barker a consacré différents articles destinés à aider les thérapeutes qui souhaitent accompagner leurs client/es à découvrir les façons d’entretenir des relations qui leur conviennent et à trouver un équilibre entre liberté et liens affectifs[2]. Interroger les normes du couple et de la monogamie permet également d’envisager les relations affectives comme des arrangements sans cesse en mouvement et en évolution plutôt que comme des rapports de possession mutuelle définitive.
Les thérapeutes et éducatrices sexuelles Dossie Easton et Janet W. Hardy ont consacré en 1997 un ouvrage à la question de l’éthique des relations amoureuses et sexuelles libres. Libres, non au sens d’une liberté prise sur les dos des partenaires, à grands renforts de mensonges, de jalousie et de conflits, mais au sens d’une liberté permise par la remise en question des injonctions de l’amour romantique (en duo exclusif, possessif, jaloux, définitif, magique). De façon paradoxale, la liberté promue par Easton et Hardy repose sur un ensemble de règles éthiques, définie par les différent/es protagonistes inclus/es dans la relation, qui encadrent les possibilités d’aimer et de jouir librement et affranchissent de la culpabilité, de la honte et des lois du secret qui régissent habituellement les amours infidèles.
Récemment traduit en Français, La Salope éthique est loin de constituer une condamnation sans appel des relations monogames. Ce livre offre au contraire aux lecteur/ices et aux thérapeutes un ensemble de conseils visant à améliorer l’ensemble des relations affectives, des relations amicales aux relations sexuelles en passant par les relations familiales et conjugales. Les auteures insistent ainsi sur la capacité à écouter et accepter les besoins, les craintes et les limites de son/ses partenaires et exprimer les siens ; à assumer ses sentiments et à être indulgent/e et honnête envers soi-même (accepter le fait que l’on ressent de la jalousie, que l’on se sent malaimé/e, que l’on a besoin d’affection) sans dénier ce ressenti. En effet, ce serait en cherchant à rejeter nos émotions qu’elles nous feraient le plus souffrir. Elles écrivent : « Les sentiments aiment être entendus – ceux des autres ainsi que les vôtres. Dès que vous comprenez qu’écouter est bel et bien une activité constructive, de même que demander à quelqu’un de vous écouter, ce sera plus facile à gérer de vous ouvrir à ces sentiments problématiques et d’apprendre à les gérer. L’idée est d’accueillir ces sentiments avec bienveillance, comme des invités. Et de la même façon que les invités, ils finiront bien par partir ».
Mais si ces approches thérapeutiques ont pu favoriser une compréhension plus libertaire de la sexualité, le seul rétablissement de la capacité à jouir ne suffit pas à garantir un épanouissement sexuel et à rendre les gens heureux. En effet, une évaluation diagnostique qui repose sur des critères quantifiables, objectifs et physiologiques, ne prend pas en compte la signification et l’expériences subjectives du/de la patient/e. La sexualité est une expression humaine raffinée, qui s’articule en nous à de multiples niveaux, aussi bien conscient que non-conscient, cognitif que physiologique, fantasmatique que politique. Elle nécessite une analyse sur plusieurs registres, qui prend en compte l’intégralité du sujet.
Les êtres humains ont besoin d’éléments essentiels pour croître et se développer : à savoir être libres de penser, de désirer et de se mouvoir, établir des relations affectives sécurisantes et enrichissantes et accroître les possibilités de son corps et de son cerveau[9]. En ce sens, il s’agit de revenir à l’ambition de Sigmund Freud qui consistait à rendre hommage à la complexité du fonctionnement humain, en ne proposant pas une théorie définitive et simpliste du sexuel mais en donnant seulement des pistes de réflexion aux professionnel/les en but avec la diversité sexuelle et de genre.

Pourquoi s’intéresser au point-G ?

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 #1 Parce que c’est toujours intéressant de découvrir de nouvelles choses sur soi et de nouvelles capacités de son corps

Le point-G, appelé également “prostate féminine”, a été découvert en 1672 par l’anatomiste néerlandais Regnier De Graaf. Malgré cela, il ne figure toujours pas dans la grande majorité des manuels de médecine. Ce déni du corps médical contribue à maintenir l’aura de mystère, voire de mythe, qui entoure cette zone – dont l’existence a pourtant été confirmée par le slovaque Milan Zaviacic, fort de près de vingt années d’études approfondies sur le sujet entre 1982 et 1999.

#2 Parce que c’est l’une des zones les plus sensibles du vagin

Le point-G n’est pas un bouton magique pour déclencher des orgasmes sur commande, ni une zone floue et imprécise. Selon l’acception de Deborah Sundahl, experte sexuelle américaine : “ le point-G n’est pas à proprement parler un point sur la paroi du vagin. C’est un organe que l’on peut sentir et stimuler à travers la paroi vaginale” ( Deborah Sundahl, Tout savoir sur le point-G et l’éjaculation féminine, Clamecy, Tabou, 2007, p. 59).

#3 Parce que ça peut vous faire ressentir des sensations inédites et très intenses

Les orgasmes provoqués par la stimulation du point-G sont généralement plus longs que les orgasmes clitoridiens. Ils peuvent également se multiplier… presqu’à l’infini ! Ceci ne voulant pas dire qu’ils sont mieux que les autres, mais qu’ils sont intéressants à essayer car très profonds, très intenses, ils libèrent bien souvent des émotions enfouies profondément.

#4 Parce que le point-G est une zone reliée aux émotions, qu’il peut conserver des traces d’émotions négatives et entraîner des blocages et des douleurs si elles ne son pas libérées régulièrement

Le point-G est traversé par l’urètre et le nerf pelvien (à l’origine des orgasmes vaginaux), qui sont tous les deux reliés aux émotions. En cas de blocages, de traumas ou de contractions extrêmes, il est nécessaire de masser cette zone soi-même, avec son ou sa partenaire, voire avec un/e ostéopathe spécialisé/e si le blocage est vraiment intense. Ne soyez pas surprise si vous fondez en larme après un orgasme du point-G, c’est que vous aurez libéré toutes les émotions contenues dans cet organe.

#5 Parce qu’ils vous font faire votre musculation interne

L’orgasme du point-G fait travailler tout le plancher pelvien. C’est un cercle vertueux : pour obtenir des orgasmes vaginaux, il faut un plancher pelvien (les muscles pubo-coxygiens) tonique, capable de se contracter puissamment, pendant longtemps, mais aussi de se relâcher et de se détendre complètement. Bien peu de femmes s’occupent de cette zone de leur corps, en dehors de celles qui ont accouché et qui font leurs exercices post-partum. Pourtant, un périnée musclé et régulièrement exercé procure de meilleurs orgasmes et évite les blocages et les douleurs aux hanches, au bassin ou dans le vagin. Mais également les fuites urinaires et les risques de descente d’organes.
La bonne nouvelle est que stimuler son point-G et avoir des orgasmes procure une contraction des muscles lisses du vagin et donc les rend plus musclés !

#6 Parce que le point-G est une prostate qui, comme celle des hommes, produit un liquide (éjaculat dont la composition chimique est la même que le sperme mais sans spermatozoïdes) et qu’il est amusant d’éjaculer ! Et que cela protège des infections vaginales et urinaires

Le docteur Zaviacic a indiqué dans ses recherches que l’éjaculat était un agent protecteur pour l’urètre contre les effets agressifs de l’urine. A contrario l’inhibition de l’éjaculation chez les femmes (lorsque le liquide remonte dans la vessie selon le processus appelé éjaculation rétrograde) est favorable au développement d’infections. Aussi est-il frappant de constater que plus de la moitié des visites chez le gynécologue sont à attribuer à des maladies de type infections vaginales dans un contexte social où l’éjaculation des femmes est dévalorisée, voire méconnue.

Et pour finir, une petite vidéo amusante sur le point-G

Epanouissement sexuel et psychothérapie

Mon nouvel ouvrage vient de sortir dans les librairies aux éditions Eveil :

Si la psychanalyse a pu être invoquée comme une discipline subversive, mes recherches m’ont montré que la psychanalyse pouvait être parfois employée à des fins particulièrement normatives. La question de savoir si Freud était ou non révolutionnaire, homophobe, conservateur ou misogyne n’a pas beaucoup d’intérêt au-delà du travail exégétique. En revanche, interroger l’héritage intellectuel de sa théorie dans la pratique clinique contemporaine m’a semblé indispensable en raison de la prégnance, encore aujourd’hui, des théories freudiennes dans la plupart des formations psy françaises.

Le féminisme a montré que les normes de genre par exemple ont un effet particulièrement nocif, aussi bien sur les femmes et leur sexualité, mais également sur les hommes et toutes les minorités sexuelles. En effet, la satisfaction sexuelle est une composante importante du bien-être, de l’estime de soi, de la santé, du bonheur général et de la satisfaction relationnelle. La sexualité est une expression humaine raffinée, qui s’articule en nous à de multiples niveaux, aussi bien conscient que non-conscient, cognitif que physiologique, fantasmatique que politique. Elle nécessite une analyse sur plusieurs registres, qui prend en compte l’intégralité du sujet. En ce sens, il s’agit de de rendre hommage à la complexité du fonctionnement humain, en ne proposant pas une théorie définitive et simpliste du sexuel mais en donnant seulement des pistes de réflexion aux professionnel(le)s en but avec la diversité sexuelle et de genre.

Le positionnement éthique que je défends ici repose sur des préceptes humanistes et féministes, qui postulent que la psychothérapie doit permettre aux personnes en thérapie de s’ouvrir à de nouvelles façons d’être, d’aimer, de désirer, de se définir et de relationner. En d’autres termes, une approche politique radicale de la thérapie sous-entend une remise en question des normes sociales, ainsi que la possibilité de se montrer critique à l’égard de la société. Toutefois, cette approche radicale ne doit pas conduire à perdre de vue l’objectif à court terme que constitue la nécessité d’aider les personnes qui sollicitent notre attention à aller mieux ici et maintenant. La difficulté de l’objectif thérapeutique humaniste est donc de courir deux lièvres à la fois : celui du bien-être immédiat et celui de la croissance individuelle.

Plaquette de présentation

 

Le viagra féminin

Le viagra féminin, une conception de la sexualité axée sur le genre

Article paru dans le Nouvel Obs le Publié le 29 avril 2010 à 14h01

Le grand débat des sexologues du moment c’est le viagra féminin, dont l’arrivée sur le marché mondial, sous le nom de flibansérine, est prévu pour 2011 – soit plus de vingt après l’arrivée de la petite pilule bleue.

Cependant, les recherches sur un médicament pour doper la libido des femmes ne datent pas d’hier puisqu’il s’était avéré, dès les années 1970, que la pilule contraceptive avait la fâcheuse tendance d’altérer le désir de ses consommatrices et qu’il fallait trouver une solution à ce problème. Un congrès d’urologie, tenu à Cape Cod en 1997 et portant sur le « Sexual Function Assessment in Clinical Trials », permit l’élaboration d’une nouvelle maladie : le FSD (Female Sexual Disorder). La pathologie ayant été officialisée il s’agissait à présent d’alerter la population sur l’urgence et la nécessité d’un médicament visant à guérir le manque de désir chez les femmes. Il faut préciser que ce congrès avait été sponsorisé par des laboratoires pharmaceutiques. C’est ainsi que Proctor and Gamble consacrèrent 100 millions de dollars à la promotion d’un traitement contre le FSD, des patchs à la testostérone disponibles depuis 2007, avant même que leur produit soit accepté par la US Food and Drug Administration. Quant à Pfizer, ils firent des tests sur des milliers de femmes entre 1997 et 2004 avant d’abandonner à cause des résultats cliniques peu convaincants.

Que révèlent ces recherches ? En quoi consistent ces tests ? Qu’est-ce que le FSD ? Que penser d’un viagra féminin ?

On constate, à la lecture des articles spécialisés, que les avis se partagent entre, premièrement une dénonciation de la médicalisation de la sexualité, qui réduirait le désir à une simple fonction physiologique ; et, deuxièmement l’éloge d’une prise en considération, tant attendue, de la sexualité des femmes. Quel que soit l’avis des protagonistes, ces débats révèlent surtout une conception genrée de la sexualité et une confusion entre les trois notions que sont l’excitation, le désir et le plaisir sexuels. En cela la sexualité masculine y est trop souvent réduite à la capacité d’être en érection et d’éjaculer, en d’autres termes la capacité à réaliser le coït hétérosexuel et à procréer. Des capacités volontairement diagnostiquées et appréhendées comme uniquement mécaniques, donc facilement soignables. A contrario la sexualité féminine est, elle, interprétée comme plus compliquée, liée aux émotions, à l’éducation – en somme, moins physique que psychologique – et donc moins facile à traiter avec une pilule. Ces présupposés ajoutés au fait que le désir des femmes ne conditionne pas le coït, on comprend pourquoi le viagra féminin n’est toujours pas sur le marché. Ainsi, comme le dit Alain Giami, psycho-sociologue et chercheur à L’Inserm, « même dans l’industrie pharmaceutique, la différence des sexes reste de mise ».

Ce que révèlent également les recherches scientifiques et les analyses de ces recherches sur le viagra féminin c’est aussi une tendance à concevoir le désir comme une faculté physique naturelle et spontanée dont on attend un fonctionnement optimal, ce qui signifie que le désir sexuel est vu comme quelque chose qui va de soi et qui accompagne un bon état de santé général. Dans cette perspective, renforcée par la honte, la déception et la culpabilité liées à l’absence d’orgasme, il est très rassurant et confortable de croire que l’anorgasmie et le manque de désir sont des maladies que l’on peut guérir avec des médicaments.

S’il n’est pas question ici de nier le fait que certains problèmes sexuels (absence de désir ou de plaisir, par exemple) sont dus à un dysfonctionnement physiologique, il me semble très inquiétant de les y réduire. En effet, si les hormones, antidépresseurs et autres vasodilatateurs peuvent produire un état physiologique d’excitation (tel que l’engorgement des tissus, l’afflux sanguin ou encore la lubrification), ils sont incapables de créer du désir sexuel chez quelqu’un qui est complexé, malheureux, ou encore en situation d’insécurité affective ou physique. De la même manière, une pilule de viagra pourra stimuler l’excitation d’une femme mais sera sans effet sur les performances sexuelles de son/sa partenaire. En l’occurrence, si les femmes qui souffrent de FSD – et elles sont nombreuses, à en croire les laboratoires pharmaceutiques – s’attendent à solutionner tous leurs problèmes sexuels avec un médicament, sans faire de travail sur leurs conceptions morales, la communication avec leur/s partenaire/s et leurs pratiques érotiques, beaucoup risquent d’être déçues. Il apparaît que certains traitements hormonaux ont été d’une grande efficacité pour des femmes dont la libido avait été affectée par la ménopause et c’est une bonne chose. Cependant j’estime qu’il est dangereux, réducteur et inopportun de considérer le viagra comme l’unique solution aux problèmes de dysfonctionnements sexuels.

En somme, le Female Sexual Disorder semble être bien plus le symptôme d’un manque d’éducation sexuelle et d’une société corsetée par une morale castratrice qu’une pathologie.

Sexe et genre sur le divan

Bonjour,

J’ai le plaisir vous annoncer que je viens de publier un ouvrage d’analyse sociologique de la parole sexuelle dans les psychothérapies contemporaines.

Révolutionnaires et centrales dans la pensée freudienne, les théories du sexuel ont progressivement perdu leur place transgressive dans la psychanalyse contemporaine pour devenir le décalque des normes sociales.

Cette étude, qui prend appui à la fois sur une analyse de la littérature psychanalytique et sur des entretiens avec des thérapeutes et des patient(e)s, note le paradoxe qui consiste, pour la psychanalyse, à puiser ses racines dans l’approche clinique freudienne, qui donnait toute sa place à la parole sexuelle, et à se retrouver aujourd’hui parfois incapable de se montrer ouverte aux récits de la vie sexuelle des patient(e)s.

Le constat principal de ce travail est que les représentations du sexuel répandues dans la littérature psy sont traversées par des conceptions éminemment politiques du corps, de la sexualité, de la différence, du sexe, ou encore de l’intime et que ces théories ont un effet important sur l’écoute clinique. Dans une perspective de sociologie pragmatique, ce livre fait état des risques cliniques que font courir des théories psychanalytiques qui donnent et perpétuent une vision conservatrice, voire réactionnaire, de la sexualité, de la sexuation ou encore du désir. En valorisant une approche qui met en dialogue différentes théories du sexuel et de la subjectivité, ce livre vise à prolonger les efforts de celles et ceux qui cherchent constamment à améliorer l’écoute et l’accompagnement des professionnel(le)s de la thérapie.

Tiphaine Besnard-Santini, Sexe et genre sur le divan – Théories du sexuel dans le discours de la clinique psy en France contemporaine

Préface de Thamy Ayouch
Collection « Études psychanalytiques »
ISBN : 978-2-343-10726-4 • 29 € • 282 pages

Pour le commander, voir le site de l’éditeur
Édition – Diffusion
5-7, rue de l’École Polytechnique 75005 Paris


TABLE DES MATIÈRES

Première partie

Chapitre I
Enquêter sur la sexualité dans les cabinets de psychothérapie. Un parcours semé d’embûches.

Chapitre II
Les personnes interrogées et leur psychothérapie

Chapitre III
Dire ou ne pas dire sa sexualité chez le ou la psy

Chapitre IV
Quand rien ne va plus en psychothérapie : conséquences d’un mésusage de la théorie et désirs d’ailleurs

Deuxième partie

Chapitre I
De la théorie au cabinet de consultation : influence des conceptions psychanalytiques sur l’exercice clinique

Chapitre II
Les femmes dans la psychanalyse : entre sujets et objets de recherche

Réflexions en guise de conclusion